1er mai

Défense du 1er mai : « Un temps de déconnexion et de vie sociale doit rester garanti pour tous »

L’édito de Cyril Chabanier, président de la CFTC

Notre pays, et plus encore son microcosme « politico-médiatique », possède cette étonnante faculté de se passionner pour des sujets qui réémergent soudainement tels des effets de mode. Il suffit d’une étincelle pour que s’enclenche une mécanique de mimétisme où l’accessoire occulte l’essentiel. Ces débats enflammés, qui saturent l’espace sonore et visuel durant quelques jours, ne représentent pourtant qu’une infime partie des enjeux profonds auxquels nous faisons face.

Le 1er mai illustre parfaitement cette fâcheuse habitude. Un débat parlementaire a tourné au bras de fer autour d’un projet de loi visant, initialement, à élargir dès 2026 les dérogations au repos obligatoire. Si le ministre du Travail a finalement acté l’abandon de cette réforme pour l’année 2026, le gouvernement a toutefois renvoyé le sujet à 2027, en laissant d’ici là la main à certaines branches. Ainsi, les partenaires sociaux de la boulangerie-pâtisserie artisanale et des artisans fleuristes pourront, par accord, rejoindre les catégories dites de « nécessité absolue » (hôpitaux, pompiers, transports…) déjà autorisées à déroger au repos du 1er mai.

Cette révision à la baisse de l’ambition gouvernementale doit beaucoup à la consultation des organisations syndicales, au premier rang desquelles la CFTC ! Nous avons été entendus et avons obtenu la réduction du nombre de secteurs concernés. Surtout, et comme chacun sait, l’ouverture de négociations de branche ne présage en rien de la signature d’accords actant la possibilité pour des salariés de travailler le 1er mai.

Sans vouloir me substituer aux négociateurs de branche CFTC, je rappellerai la position que j’ai défendue durant ce bras de fer : nous refusons cet « effet domino » qui conduirait à une généralisation du travail le 1er mai. Ce jour doit conserver son caractère exceptionnel et symbolique. La défense d’un repos collectif sanctuarisé est au cœur de notre vision de la « valeur travail » : pour que le travail soit reconnu à sa juste valeur, il doit impérativement s’accompagner de temps de déconnexion et de vie sociale garantis pour tous !

J’ajoute que les arguments économiques avancés ne résistent pas à l’analyse. S’il faut céder aux modes « politico-médiatiques », préférons alors l’essentiel à l’accessoire. Deux chiffres auraient dû retenir notre attention, car ils font planer une menace bien réelle sur la croissance et l’emploi : 500 000 dirigeants d’entreprises, employant près de 3 millions de salariés, devront passer le relais dans les dix ans à venir.

Plutôt que de vouloir « dépanner », un jour par an, le consommateur d’une baguette ou d’un bouquet, le Gouvernement et les partenaires sociaux feraient mieux, pour les 364 autres jours, de lever les freins à la transmission d’entreprises ! En facilitant notamment les mécanismes permettant aux salariés de reprendre leur propre outil de travail et, ainsi, de sauver leurs emplois.

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c chabanier 1er mai bfm 2026

«Le 1er mai restera un jour chômé et férié» se félicite Cyril Chabanier, sur BFM TV

Au sortir d’une réunion de l’intersyndicale avec le Ministre du travail, le gouvernement a finalement renoncé à convoquer une commission mixte paritaire, qui aurait pu étendre les dérogations de travail le 1er mai.

Pour la CFTC, il était fondamental de préserver l’entière spécificité du 1er mai. Le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a par conséquent salué la préservation de cet acquis social lors d’un point presse ce lundi 13 avril, retransmis par BFM TV:

« Aujourd’hui, c’est clair: les textes ne changeront pas et le 1er mai restera un jour chômé et un jour férié… Je rappelle au passage qu’il n’y a pas d’enjeu économique lié à l’ouverture des commerces le 1er mai…Idem s’agissant du pouvoir d’achat, qui ne peut s’améliorer que via des négociations salariales dynamiques, et non par le fait de travailler un jour férié »

Retrouvez sur le site de BFM TV des extraits de la conférence de presse de Cyril Chabanier:

https://www.bfmtv.com/societe/video-cyril-chabanier-cftc-les-textes-ne-changeront-pas-et-le-1er-mai-restera-un-jour-chome-et-un-jour-ferie_VN-202604130844.html

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c chabanier sud radio 14 avril 2026

1er mai, hausse du prix des carburants : Cyril Chabanier fait le point sur Sud Radio

Le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a pu longuement évoquer 2 faits d’actualité majeurs ce mardi 14 avril, au micro de Sud Radio.

Il a d’abord salué la décision du gouvernement de ne pas convoquer une commission mixte paritaire, qui aurait pu étendre les dérogations de travail le 1er mai. Il est ensuite revenu sur la hausse du prix des carburants, en présentant certaines des pistes envisagées par la CFTC pour protéger le pouvoir d’achat des salariés.

Retrouvez ci-dessous l’interview de Cyril Chabanier sur Sud Radio, en intégralité:

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1er mai 2025

1er mai travaillé ou chômé : ce que dit la loi, ce qu’en pense la CFTC

1er mai 2025

Ces derniers jours, des patrons d’enseignes de boulangerie se sont plaints de ne pas pouvoir ouvrir le 1er mai. Certains d’entre eux avaient notamment écopé d’amendes l’année dernière, quand il s’était avéré que leurs salariés avaient effectivement travaillé à cette date.

A cet égard, une proposition de loi – soutenue par le gouvernement – vient d’être déposée au Sénat, afin de permettre aux boulangers et aux fleuristes d’ouvrir le 1er mai. La CFTC s’y oppose fermement : pour notre organisation, le 1er Mai doit rester – comme la loi le prévoit actuellement – le plus universel des jours fériés.

Ce lundi 28 avril, la ministre du travail Catherine Vautrin s’est prononcée en faveur de l’ouverture des boulangeries le 1er mai. « Il pourrait y avoir un aménagement de la loi, de façon à répondre à ce qui est une tradition dans notre pays, qui est celle du pain » a-t-elle expliqué sur l’antenne de TF1. A ce sujet, le gouvernement soutient notamment une proposition de loi fraichement déposée au Sénat : elle vise à permettre aux établissements déjà autorisés à ouvrir le dimanche – comme les boulangers et les fleuristes- de pouvoir le faire aussi le 1er mai. Les salariés qui travailleraient ce jour-là le feraient alors sur la base du volontariat. La CFTC s’oppose néanmoins à cette initiative: journée de lutte pour le droit des travailleurs et travailleuses, le 1er mai doit rester un jour férié sanctuarisé. A ce titre, quelques rappels juridiques de base s’imposent.

Une exception qui ne serait pas justifiée

Le 1er Mai bénéficie d’un statut particulier, puisqu’il s’agit du seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré pour tous les salariés, en application de la loi. Il s’agit d’une disposition d’ordre public absolu : il n’est pas possible d’y déroger, que ce soit par accord collectif ou sur volontariat du salarié.  Il existe cependant (déjà) une exception pour les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent pas interrompre le travail : les transports, les hôpitaux, etc…On comprend donc bien que les boulangeries, dont l’activité peut être suspendue une journée sans qu’il y ait de dommages significatifs pour la collectivité, ne soient pas concernées. Précisons, par ailleurs, que les employeurs boulangers peuvent dans l’absolu travailler le 1er mai, tant qu’ils ne font pas travailler leurs salariés ce jour-là.

Ne pas affaiblir l’universalité du 1er mai

Les établissements et services pour lesquels la continuité de l’activité est indispensable sont donc les seules entreprises et institutions autorisées à faire travailler leurs salariés le 1er mai. Le cas échéant, le salarié perçoit le double de son salaire. Pour la CFTC, la législation actuelle relative au 1er mai fait donc déjà parfaitement son office: y ajouter des exceptions, c’est affaiblir l’universalité et l’importance de cette journée, qui doit rester exceptionnelle et chômée, pour l’immense majorité des travailleurs.

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