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Détroit d’Ormuz : « Nous avons trop misé sur les importations, en oubliant que la dépendance est une faiblesse » juge Cyril Chabanier sur KTO TV

Le détroit d’Ormuz, théâtre d’une escalade entre Américains et Iraniens, n’est pas qu’un enjeu énergétique lointain. Cette voie stratégique conditionne l’approvisionnement mondial en matières premières essentielles : engrais pour l’agriculture, aluminium pour l’industrie, minéraux rares pour les technologies…

Quand les tensions montent, les prix alimentaires, le coût de l’emploi et la capacité productive vacillent à leur tour…

Dans cette nouvelle chronique Éco pour KTO TV, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, explique pourquoi cette situation doit appeler à une prise de conscience sur notre dépendance absolue aux chaînes d’approvisionnement mondialisées. Relocaliser la production en France devient alors un acte de souveraineté économique et sociale.

Retrouvez ci-dessous la chronique Éco de Cyril Chabanier, sur KTO TV:

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Que faire, face à la hausse record des prix des carburants ?

Face aux prix toujours élevés des carburants, certains élus politiques et représentants syndicaux ont évoqué la nécessité de mettre en œuvre une taxe sur les super-profits des pétroliers, ou encore un blocage des prix à la pompe. Pour la CFTC, de telles mesures semblent en l’état inapplicables, ou comporter une part de risques non négligeable. Pour notre organisation, c’est ici d’abord à l’Etat d’accompagner les automobilistes, en particulier les plus précaires.

Face à la hausse continue des prix des carburants observée ces dernières semaines, certains acteurs politiques et syndicaux ont demandé le déploiement de mesures d’urgenceen tous genres : blocage des prix à la pompe, baisse de la TVA sur les carburants, taxation des « super-profits » des pétroliers…Les pistes évoquées sont nombreuses. Mais sont-elles seulement viables et concrètement applicables, en vue de réduire la facture payée par les automobilistes ?

Des super-profits difficiles à taxer

Avant de dégager de premiers éléments de réponse, soulignons qu’une entreprise semble actuellement au cœur du débat public : TotalEnergies. En avril 2026, la multinationale avait en effet annoncé 5,8 milliards de dollars de bénéfices, pour le seul premier trimestre. Cela constitue une hausse de 51 % sur un an, celle-ci résultant avant tout de la flambée des cours du brut, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. Dans un tel contexte, une taxe sur les «super-profits » peut à priori sembler non seulement adéquate, mais juste : si Total a vu ses profit exploser, c’est – pour une bonne part – du fait d’un choc exogène qui a fait monter le prix de la matière première, qu’elle extrait ou transforme.

Néanmoins, la CFTC juge douteuse l’applicabilité d’une taxe exceptionnelle sur les profits de Total (ou d’autres grandes multinationales pétrolières). TotalEnergies réalise en effet l’essentiel de ses profits à l’étranger. Ses activités d’exploration-production sont situées principalement en Norvège, aux États-Unis, au Qatar, en Angola et dans d’autres juridictions. En France, les raffineries de Total sont la plupart du temps déficitaires- le groupe n’était d’ailleurs pas soumis à la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises en 2025. Or, les règles de territorialité de l’impôt – telles qu’elles existent dans la quasi intégralité des états – permettent seulement à un gouvernement de taxer les profits réalisés par une entreprise sur son territoire national. Dit plus simplement : taxer les bénéfices mondiaux d’un groupe français – depuis le droit fiscal français – semble techniquement et juridiquement impossible aujourd’hui.

Ne pas créer un risque de pénurie

D’autres options restent néanmoins sur la table, comme la mise en œuvre d’un blocage des prix à la pompe. Toutefois, la pleine efficacité de cette solution peut elle aussi interroger. La hausse des prix des carburants n’a en effet pas, selon le ministère de l’Economie, fait exploser les marges que les distributeurs dégagent, grâce à la vente d’essence aux particuliers. Dans le détail, selon les données de Bercy, la marge brute moyenne des distributeurs concernant le gazole était de 26,7 centimes d’euro par litre, entre le 1er mars et le 4 mai. Avant le déclenchement de la guerre en Iran, cette marge brute moyenne était, par comparaison, de 28,1 centimes entre le 1er janvier et le 28 février. Réduire les prix à la vente – et donc la marge – des distributeurs pourrait donc s’accompagner d’un certain nombre d’effets pervers : usuellement, lorsqu’un prix est bloqué en dessous du niveau d’équilibre du marché, les offreurs réduisent ou cessent de distribuer le produit concerné. Vendre à perte est impossible pour toute entreprise qui doit couvrir ses coûts. La demande excède alors l’offre disponible : c’est la définition de la pénurie.

Le cas particulier de Total et des autres « majors » pétrolières

Si les marges des distributeurs de carburants (comme les supermarchés) sont restées stables malgré la flambée des prix du pétrole, on peut se demander pourquoi des entreprises leaders du secteur des hydrocarbures – comme Total ou Shell  – ont vu leurs profits exploser ces derniers mois.

L’explication est en réalité assez simple: les revenus générés par ces géants du pétrole et du gaz sont bien davantage dus à leur mainmise sur l’intégralité de la chaine de valeur des hydrocarbures qu’à la seule distribution de carburants aux particuliers : du forage à la vente au détail, en passant par le raffinage, ces multinationales interviennent à toutes les étapes de la vente et de la production. L’essentiel de leur chiffre d’affaires n’est ainsi pas généré par les particuliers à la pompe, mais plutôt par la production, la vente et l’acheminement de pétrole et de gaz auprès de grandes entreprises industrielles, des sociétés d’énergie, des États, des compagnies aériennes etc…

Chèques énergie, baisse de TVA : l’Etat a les moyens d’agir

Pour accompagner les particuliers face à la hausse des prix des carburants, l’Etat n’est cependant pas dénué de possibilités d’action. A ce titre, rappelons qu’il a pu profiter budgétairement de la hausse significative des prix des carburants. Selon les estimations du ministère de l’Economie, les taxes représenteraient en effet entre 50 et 60% du prix à la pompe. Des recettes notamment générées par la TVA sur le carburant. Quand le prix du carburant monte sous l’effet de la guerre et de tensions géopolitiques, les recettes de TVA perçues par l’État à chaque plein d’essence augmentent. C’est donc prioritairement à la puissance publique de redistribuer ces surplus, quand ils existent. C’est d’ailleurs, dans une certaine mesure, la solution pour laquelle a optée l’Exécutif.

Pour sa part, la CFTC milite pour le déploiement d’aides ciblées, comme la distribution de chèques énergie. Cette aide directe aux ménages – sous condition de ressources – pourrait être financée par le fléchage exceptionnel des recettes de TVA à la pompe de l’Etat. Autre solution envisageable : une baisse temporaire de la TVA sur les carburants, qui pourrait, à terme, aussi bien bénéficier aux particuliers qu’à l’Etat. Pour de nombreux Français vivant en zone rurale ou périurbaine, moins prendre sa voiture (pour faire des économies) revient en effet bien souvent à réduire certaines de leurs dépenses de consommation. Des non-dépenses sur lesquelles l’Etat ne perçoit donc pas de TVA. Néanmoins, la CFTC estime qu’une telle mesure devrait s’accompagner d’un strict encadrement des marges des distributeurs de carburants, afin de s’assurer que les prix à la pompe baissent proportionnellement à la baisse des taxes.

Dans un contexte de tensions budgétaires, aucune de ces solutions n’est évidemment idyllique. Les dispositifs exceptionnels de redistribution – telle qu’une taxe sur les super-profits des majors pétrolières – sont légitimes, mais nécessitent une coordination et une coopération fiscale au niveau mondial qu’il semble actuellement impossible de mobiliser. Pour la CFTC, c’est donc l’Etat qui dispose ici des leviers d’action immédiats, pour modérer la hausse des prix des carburants. Charge à la puissance publique de les actionner pour accompagner les plus précaires, qui sont les plus impactés par cette crise énergétique.

AC

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c chabanier sud radio 14 avril 2026

1er mai, hausse du prix des carburants : Cyril Chabanier fait le point sur Sud Radio

Le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a pu longuement évoquer 2 faits d’actualité majeurs ce mardi 14 avril, au micro de Sud Radio.

Il a d’abord salué la décision du gouvernement de ne pas convoquer une commission mixte paritaire, qui aurait pu étendre les dérogations de travail le 1er mai. Il est ensuite revenu sur la hausse du prix des carburants, en présentant certaines des pistes envisagées par la CFTC pour protéger le pouvoir d’achat des salariés.

Retrouvez ci-dessous l’interview de Cyril Chabanier sur Sud Radio, en intégralité:

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c chabanier bfm 9 avril 2026

Hausse du prix des carburants : « Ce n’est pas tenable et on ne nous donne rien » dénonce Cyril Chabanier sur BFM TV

Reçu par le ministre de l’Économie Roland Lescure le mardi 7 avril pour évoquer les conséquences de la hausse du prix des carburants, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a regretté l’absence de mesures ambitieuses de la part du gouvernement pour accompagner les salariés dans ces temps difficiles :

« Sur l’ensemble des mesures qu’on avait proposées, le gouvernement n’en a retenu aucune… On ne peut pas dire non à la prime carburant, non à la baisse des taxes, non à la baisse des prix, bref, non à tout… Ce n’est pas tenable pour de trop nombreux salariés. »

Retrouvez sur le site de BFM TV l’interview de Cyril Chabanier en intégralité:

Hausse des carburants: « On ressort sans rien », déclare Cyril Chabanier après l’échange avec Roland Lescure

Hausse du prix des carburants : « Ce n’est pas tenable et on ne nous donne rien » dénonce Cyril Chabanier sur BFM TV Lire la suite »

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