Intersyndicale

cyril chabanier france tv 2 oct 25

Nous appelons à la grève ce 2 octobre, car on veut influer sur le budget qui est en construction »

Invité sur le plateau de Télématin ce jeudi, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, est revenu sur les raisons qui poussent notre organisation à se mobiliser à nouveau au sein de l’intersyndicale, ce 2 octobre:

« Nous appelons à la grève, car on peut influer sur le budget qui est encore en construction… A cet égard, on veut des réponses claires sur l’année blanche – à laquelle la CFTC est fermement opposée – sur une plus grande taxation des dividendes ou encore sur la question du doublement des franchises médicales. »

Retrouvez ci-dessous l’interview de Cyril Chabanier, à Télématin:

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cyril bfm 25 sept

Reçu par le Premier Ministre, Cyril Chabanier regrette des échanges encore « trop flous et indéterminés »

Reçu mercredi 24 septembre par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, ne s’est pas vu proposer par le Chef du gouvernement des mesures budgétaires franches, qui iraient dans le sens d’une plus grande justice sociale et fiscale.

A ce titre, l’intersyndicale a appelé à une nouvelle journée de mobilisation le jeudi 2 octobre.

Le numéro 1 de la CFTC est notamment revenu sur la teneur de son entretien à Matignon, sur les antennes de BFM TV et BFM Business:

« On a pu échanger avec un Premier ministre qui souhaite redonner sa place au dialogue social…Néanmoins, sur la question d’une participation des plus aisés à l’effort budgétaire, de l’année blanche ou encore d’une mise sous condition des aides publiques aux entreprises, on n’a pas vraiment eu de réponse…Tout cela reste encore assez flou et indéterminé. »

Retrouvez ci-dessous des extraits des interviews de Cyril Chabanier sur BFM TV et BFM Business:

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Aucune réponse concrète aux attentes du monde du travail : l’intersyndicale appelle à une mobilisation massive le 2 octobre

Après la réussite de la mobilisation interprofessionnelle du 18 septembre, l’ensemble des organisations syndicales avait posé un ultimatum. Elles ont été reçues ce matin par le Premier ministre, pour obtenir des réponses concrètes aux revendications exprimées par les travailleuses et les travailleurs.

L’intersyndicale déplore une occasion manquée. Après un long échange avec le Premier ministre sur les enjeux qui se posent pour le monde du travail, aucune réponse claire n’a été apportée à la colère des salarié·es, agent·es, demandeurs·euses d’emploi, jeunes, retraité·es …

Le Premier ministre a expliqué qu’il n’était pas en mesure de connaître la copie finale du budget 2026 qui sera adoptée par le Parlement, alors que l’intersyndicale attendait au moins des pistes sur une copie initiale. Ni rupture avec les mesures présentées en juillet, ni engagement sur ce que pourraient être des mesures de justice sociale et fiscale.

Le monde du travail a assez souffert et c’est pourquoi l’ensemble des organisations syndicales appelle à amplifier la mobilisation lors d’une nouvelle journée d’action et de grève interprofessionnelle le jeudi 2 octobre prochain pour exiger :

  • L’abandon de l’ensemble du projet de budget et notamment le doublement des franchises médicales, l’année blanche (désindexation des pensions, des prestations sociales, des salaires des agent·es de la fonction publique et du budget des services publics), la suppression de 3000 postes de fonctionnaires et la réforme de l’assurance chômage, ainsi que des projets attaquant le code du travail, et le 1er mai ;
  • La justice fiscale, avec la mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et les très hauts revenus, et contraignent le versement des dividendes ;
  • La conditionnalité sociale et environnementale des 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises privées ;
  • Des moyens budgétaires à la hauteur pour les services publics partout sur le territoire ;
  • Une protection sociale de haut niveau et l’abandon du recul de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans ;
  • Des investissements dans une transition écologique juste et la réindustrialisation de la France, et des mesures contre les licenciements.

Pour préparer et réussir les grèves et manifestations du 2 octobre, les travailleuses et travailleurs et leurs syndicats maintiendront la pression et leurs revendications salariales par des actions dans les entreprises, les services et administrations, par différentes initiatives, organisations de réunions d’information, assemblées générales du personnel …

Les organisations syndicales conviennent d’ores et déjà de se revoir très rapidement.

Paris, le 24 septembre 2025

>> communiqué de presse

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cyril et le 1er ministre 22 sept 25

« Sur le budget, nous attendons des signes de rupture forts » prévient Cyril Chabanier sur France Info et BFM TV

Faisant suite au succès des manifestations du 18 septembre, les syndicats, dont la CFTC, seront reçus ce mercredi 24 septembre par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Reçu à ce sujet sur les plateaux de France Info TV et BFM TV, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a détaillé les revendications que notre organisation défendra auprès du Chef du gouvernement: « Sur le budget, nous attendons des signes de rupture forts…Le Premier ministre pourrait par exemple nous dire qu’il ne souhaite plus faire de nouvelle grande réforme de l’assurance chômage, à laquelle la CFTC est opposée. Ou encore, proposer une meilleure conditionnalité des aides publiques aux entreprises, émettre une proposition significative sur la taxation des plus riches, voire sur l’amélioration du pouvoir d’achat…Quoi qu’il arrive, à la CFTC, nous sommes convaincus qu’il est possible de trouver un compromis sur le budget. »

Retrouvez ci-dessous en intégralité les interventions de Cyril Chabanier, sur France Info TV et BFM TV:

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manif 18 sept 25

Manifestations du 18 septembre : à Paris, les militants CFTC mobilisés pour « plus d’équité fiscale » et « vivre dignement de leur travail »

Investie sur tout le territoire ce 18 septembre, la CFTC a évidemment battu le pavé à Paris, au sein de l’intersyndicale. Récit de l’évènement avec quelques militants, qui détaillent les raisons de leur mobilisation ce jeudi.

manif 18 septembre 2025

Crédits photos : Guillaume Blanchon

Ce 18 septembre, la place de la Bastille bouillonne. Il est 14 heures, les drapeaux s’agitent, les slogans pleuvent et les sonos tonnent : l’intersyndicale – qui rassemble plusieurs dizaines de milliers de militants ce jeudi à Paris-  peut lentement commencer sa marche, qui mènera les manifestants jusqu’à la place de la Nation, dans le 11e arrondissement de la capitale. Dans le flot de marcheurs du jour, on repère vite l’azur des dossards des militants de la CFTC. Parmi eux, Hamdia, la cinquantaine, venu « pour essayer de faire comprendre au président Macron ce que nous, le peuple, on subit. »

Hamdia est employé en région parisienne, dans une entreprise de cosmétiques. Avant, il avait longuement travaillé à Sochaux-Montbéliard, dans les usines Peugeot de l’agglomération, depuis soumises à de nombreuses restructurations. « L’entreprise faisait vivre tout le département…On n’était pas payé rubis sur l’ongle, c’est sûr, mais on pouvait vivre décemment avec ce salaire là. » Pour Hamdia, le cœur du problème est là : « En ce moment, tout le monde évoque la nécessité de taxer les plus riches. Pourquoi pas, mais je pense que la priorité n’est pas là : il faut d’abord que les gens qui travaillent puissent toucher un salaire qui leur permette de vivre dignement, tout simplement ».

Il évoque spontanément sa retraite, à laquelle il pense régulièrement : « On me dit que je vais devoir cotiser jusqu’à 64 ans. Mais est-ce que ça sera encore vrai dans quelques années ? Est-ce qu’un jour, on ne va pas m’expliquer que je vais devoir cotiser jusqu’à 67 ans ? 69 ans ? 71 ans? Qu’on me le dise tout de suite : comme ça, je préprogramme mon enterrement, ça me coutera moins cher. »

manif 18 septembre 2025

La retraite, Sonia* vient de commencer à en bénéficier, après avoir travaillé pendant 44 ans. « Je suis là pour les boomers », lance d’emblée cette ancienne employée du secteur de la banque et des assurances. « Ça m’a choquée que François Bayrou cible les retraités…Comme s’ils étaient les grands responsables du laissez-faire budgétaire… Mais qui est coupable de ces erreurs de gestion ? Les citoyens, ou ceux qui pilotent le budget de la Nation ? »

Pour rééquilibrer les finances de l’Etat, elle évoque les 211 milliards d’euros d’aides publiques dont bénéficient annuellement les entreprises, selon les estimations d’un récent rapport sénatorial : « Le problème, c’est que ces milliards d’euros d’aides ne sont pas contrôlés, ni soumis à des objectifs de maintien ou de création d’emplois », regrette elle. Pour elle, il faut aussi davantage solliciter les plus favorisés, afin de mieux financer les services publics et assurer le maintien du modèle social français : « Je suis en faveur de la taxe Zucman, tranche-t-elle. Quand on a plus de 100 millions d’euros de capital, est ce que c’est trop demander de contribuer à hauteur de 2% de son patrimoine ? On ne peut pas laisser les ultra privilégiés se soustraire au pacte social. »

taxe Zucman ultra riches à la caisse

Non loin d’elle, Larbi acquiesce « Le français moyen est soumis à un taux d’imposition et de prélèvement de 50 %. Mais pour les milliardaires, ça retombe à 25%. Ça ne peut plus marcher. Il faut de l’équité fiscale. » Pour ce juriste au regard rieur et au verbe facile, « si des efforts budgétaires sont à faire, tout le monde doit prendre sa part, à la hauteur de ses moyens. »

Il cite aussi spontanément l’exemple de Michelin : l’entreprise avait fermé deux de ses sites de production en 2024, tout en percevant parallèlement 140 millions d’euros d’aides publiques et en engrangeant 1.9 milliard d’euros de bénéfices : « L’Etat les aide, et ils ferment des usines en France, en délocalisant. C’est inadmissible ! » S’il déplore la détérioration du contexte social et l’instabilité politique actuelle, Larbi n’est pas résigné pour autant : « Vous savez, moi, je viens d’un pays, l’Algérie, que j’ai dû quitter pendant la décennie noire, il y a presque 30 ans … J’aime mon pays de naissance, mais en France, j’ai trouvé une société que je trouve magnifique, dans sa pluralité, son ouverture, sa solidarité…J’y crois encore, mais il faut que ça bouge. » Avant de lever haut sa pancarte pour rejoindre la tête du cortège de la CFTC, Sonia a un dernier message à faire passer :

 Tous propos recueillis par AC

*dans un souci de confidentialité, certains prénoms ont été modifiés

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Aides publiques aux entreprises : « On parle de 211 milliards d’euros par an, qui ne sont ni évalués, ni conditionnalisés »

En juillet 2025, une commission d’enquête sénatoriale avait publié un rapport sur le montant et l’efficacité des aides publiques aux entreprises. Son bilan, qui s’appuie sur six mois d’enquêtes et d’auditions, est sans appel : les aides aux employeurs, évaluées à 211 milliards d’euros par an, ne sont ni lisibles, ni suffisamment conditionnées et évaluées. Alors que le gouvernement veut réaliser 44 milliards d’euros d’économies sur le budget 2026 et que la CFTC appelle à une plus juste répartition de l’effort budgétaire, les sénateurs Fabien Gay (PCF) et Olivier Rietmann (Les Républicains) – rapporteur et président de cette commission d’enquête – reviennent sur les recommandations formulées dans ce rapport parlementaire.

Messieurs, en préambule, pouvez-vous nous expliquer comment cette commission d’enquête sur l’attribution des aides publiques aux entreprises a pris forme ?

Fabien Gay  (sénateur PCF) : Courant novembre 2025, Michelin et Auchan, de grandes entreprises qui bénéficient de pléthores d’aides publiques, ont procédé à de nombreux licenciements. Le groupe communiste au Sénat a donc voulu lier la question de ces licenciements à celle des subventions. La problématique qu’on voulait adresser est la suivante : est-il normal de voir des grandes entreprises, qui versent des dividendes, licencier et toucher malgré tout des aides publiques ?C’est le point de départ de cette commission d’enquête.

Olivier Rietmann (sénateur Les Républicains) : Fabien a rapidement endossé le rôle de rapporteur de cette commission. En tant que président de la délégation aux entreprises du Sénat et étant moi-même ancien chef d’entreprise, je suis très sensibilisé à ces questions. J’ai donc postulé à la présidence de cette commission. Je pense que ça nous a permis de dégager d’emblée un équilibre. Parlons clair : Fabien est sur une position communiste, de gauche très appuyée. Moi, je suis un libéral, certes, mais un libéral humaniste, qui prône un capitalisme cadré, régulé, qui ne laisse personne sur le bord de la route. On voulait donc tous les deux que ce rapport aboutisse sur des propositions fermes, claires. Je crois d’ailleurs que nous avons clairement réussi à faire un pas l’un vers l’autre, dans nos recommandations. Ça nous a permis de formuler un corpus de propositions communes.

Avant d’évoquer ces propositions, évoquons ce chiffre de 211 milliards d’euros d’aide publiques, qui sont accordées annuellement aux entreprises. Qu’est-ce que vous évoque ce montant ?

Olivier Rietmann : D’abord, je pense que nous devons définir ce que nous avons catégorisé ici comme aide publique. Très schématiquement, ces 211 milliards représentent ce qui est versé aux entreprises pour les aider à être plus compétitives, ainsi que tous les avantages fiscaux et sociaux qui peuvent leur être alloués, via des exonérations ou des allègements de cotisations.

Fabien Gay : Ceci étant dit, ce chiffre de 211 milliards, c’est la commission sénatoriale, aidée d’experts, qui a dû le modéliser. Et ça, c’est quand même sidérant. Rendez-vous compte : exception faite des exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises (chiffrées autour de 77 milliards d’euros par an) il n’y a aucun tableau de bord, aucune donnée du Ministère de l’économie, qui tienne précisément compte des subventions et aides dont elles bénéficient : on parle ici de 2267 dispositifs d’aides, qui ne sont donc pas évalués et comptabilisés !

Olivier Rietmann : A mon sens, il ne faut tout de même pas se laisser aveugler par ce chiffre de 211 milliards. Considérez bien que ces aides ne bénéficient pas qu’à des grands groupes, mais aussi et surtout à des milliers d’entreprises, notamment à beaucoup de TPE/PME. Maintenant, pour rejoindre ce que dit Fabien, ces aides sont-elles pour autant toutes efficaces ? On ne le sait pas, car elles ne sont pas évaluées. Surtout, ce qui pose à notre sens problème, c’est les conditions qui lient les entreprises au versement de ces aides, qui sont bien trop souvent inexistantes.

La CFTC milite pour que les exonérations de cotisations sociales des entreprises soient « conditionnalisées » : c’est à dire, qu’elles soient attribuées seulement si elles respectent certains critères et objectifs sociaux, économiques, environnementaux, etc… En êtes-vous arrivé à la même conclusion ?

Fabien Gay : Absolument. Cependant, nous recommandons que cette « conditionalisation » soit globalisée à l’ensemble des aides publiques, pas seulement aux allégements de cotisations. Finalement, ce ne sont pas tellement les entreprises qui sont directement à mettre en cause ici, mais plutôt la gestion des pouvoirs publics. On a massivement distribué de l’argent public aux employeurs, mais sans leur imposer le respect de conditions et objectifs précis, dans la plupart des cas.

Parallèlement, permettez moi aussi de relever que l’Etat est beaucoup plus vigilant pour surveiller les chômeurs, en leur posant toujours plus de conditions pour qu’ils puissent toucher leurs allocations chômage, qui est pourtant un droit. Rappelons tout de même que les aides aux entreprises ne sont, pour leur part, pas un droit : ce sont des dispositifs budgétaires votés chaque année par le parlement.

Olivier Rietmann : Je veux quand même préciser une chose :  l’obtention des aides publiques est tout de même soumise à des critères stricts, elles sont très contrôlées et normées. Mais, pour faire écho à ce que disait Fabien à l’instant, quid de la contrepartie ? A mon sens, le cœur du sujet est là : on a sur-complexifié les processus nécessaires pour demander ces aides par crainte de la fraude, au détriment de la mise en place de critères de conditionnalité et d’évaluation de ces mêmes aides.

Très concrètement, comment « conditionnaliser » ces aides alors ?

Fabien Gay : Le rapport avance une multiplicité de mesures potentielles. Ce serait trop long de toutes les passer en revue, mais l’une de nos recommandations majeures, c’est la transparence : nous proposons ainsi que soit transmis chaque année au CSE des entreprises concernées la nature des aides publiques, leur volume et leur montant. Nous préconisons aussi le remboursement total des aides publiques par les entreprises si elles procèdent – dans les deux années qui ont suivi le versement de subventions – à une délocalisation des sites et des activités concernés par des aides. Nous recommandons enfin qu’une entreprise condamnée pour fraude fiscale, travail dissimulé, discrimination systémique ou encore atteinte à l’environnement ne puisse plus concourir aux aides publiques, pendant 2 ans.

Olivier Rietmann : Une autre de nos propositions phares, c’est de recourir beaucoup plus massivement à un système d’avance remboursable sur les aides publiques, plutôt qu’à des subventions nettes et sèches. Je m’explique : concrètement, au fur et à mesure qu’une entreprise ferait des bénéfices sur sa nouvelle production, elle rembourserait progressivement les aides publiques qu’elle a touchées.

Auditionné par notre commission, Patrick Pouyanné, le PDG de Total, a d’ailleurs reconnu que c’était une mécanique qui lui semblait juste et équitable. Pour ce faire, il faudrait aussi accompagner exclusivement les projets dont on sait qu’ils ont besoin de subventions pour être rentable. Or, en France, nous subventionnons actuellement une entreprise dès lors qu’elle remplit les critères éligibles à une aide. Ça doit changer : seules les entreprises qui en ont réellement besoin devraient être accompagnées.

A cet égard, le rapport propose notamment de revoir dans les grandes largeurs certains dispositifs d’aide, comme le Crédit Impôt Recherche (une réduction d’impôt dont bénéficient les entreprises, calculée sur la base de leur dépenses de recherche et développement,  NDLR)

Fabien Gay :  Pour rappel, ce dispositif représentait en 2024 autour de 7,6 milliards d’euros de manque à gagner pour l’Etat, soit l’équivalent du budget du ministère de l’agriculture. Son cout a même été multiplié par 16 depuis 2008…Bénéficier du CIR est de toute évidence trop simple et, là encore, pas assez « conditionnalisé » : à cet effet, nous proposons notamment de le sectoriser, de le circonscrire à certains secteurs d’activité.

Olivier Rietmann : Nous avions notamment auditionné Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, une entreprise qui bénéficie du CIR. Quand je lui ai demandé pourquoi un groupe de grande distribution touchait des subventions pour faire de la R&D, il m’avait répondu que c’était pour faire de la recherche pour perfectionner les caisses automatiques, développer de l’éclairage plus économe…Bon, rien de crucial, en somme. Donc nous proposons d’exclure du CIR certains secteurs, comme la banque, la grande distribution etc…Attention, le CIR est une aide absolument nécessaire, mais il faut rigoriser ses conditions d’attribution. 

Fabien Gay : En outre, certaines entreprises qui bénéficient du CIR industrialisent parfois le produit de leurs recherches en dehors de France. Ça a par exemple été le cas d’un groupe comme STMicroelectronics: ils ont développé pendant 6 ans des micro processeurs à Tours, avant de les faire fabriquer en Chine. A cet égard, nous proposons d’administrer un malus sur le CIR aux entreprises qui ne jouent pas le jeu jusqu’au bout. A contrario, celles qui choisissent d’industrialiser en France le résultat de leurs recherches pourraient bénéficier d’un bonus.

Ce 18 septembre, la CFTC et l’intersyndicale se sont mobilisées pour plus de justice sociale et fiscale. Après avoir longuement travaillé sur le sujet, considérez-vous que la contribution des entreprises au modèle social doit être repensée, voire augmentée ?

Fabien Gay, sénateur PCF : Absolument, notamment s’agissant des exonérations de cotisations sociales. Pour rappel, la cotisation patronale, c’est une part du salaire indirect des travailleurs et travailleuses, qui sert à financer notre modèle social. Si vous en exonérez pour partie l’employeur, vous organisez l’appauvrissement et l’affaiblissement de ce même modèle. Or, ce que les gens savent moins, c’est que cette somme qui ne va plus dans les caisses de la Sécurité Sociale est comblée avec l’argent du contribuable. Comment ? Tout simplement parce que l’Etat compense la très grande majorité de ces exonérations de cotisations (en l’occurrence 70 milliards, sur les 77 que touchent les entreprises chaque année).

On dit souvent que le taux de cotisations sociales sur les entreprises et très élevé en France. Mais ça, c’est seulement la théorie. En pratique, elles sont massivement exonérées de ces même cotisations, quitte à créer un manque à gagner considérable pour notre modèle social. Ma conviction, c’est donc qu’il faut changer de mentalité quant aux aides publiques dont bénéficient les entreprises : on ne peut pas continuer comme ça.

Olivier Rietmann, sénateur Les Républicains : Il y a des changements et ajustements importants que nous pouvons bien entendu mener, dans une logique d’équité et de rationalisation des moyens déployés par l’Etat. Maintenant, si on veut avoir des politiques publiques et sociales ambitieuses, il faut aussi avoir les moyens de les mettre en œuvre. Pour cela, il faut créer de la richesse via les entreprises, pour que celles-ci aient les moyens de verser de bons salaires et des cotisations substantielles.

Il faut donc continuer d’accompagner les employeurs, mais mieux et plus rigoureusement. J’espère qu’on pourra déposer, lors des prochaines échéances parlementaires sur le budget de l’Etat et de la sécurité sociale, des amendements transpartisans qui iront dans ce sens. Je crois sincèrement que les propositions issues de ce rapport dépassent les clivages politiques : ce ne sont plus des histoires de droite ou de gauche, mais de bon sens, tout simplement.

Tous propos recueillis par AC

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Cyril Chabanier, sur RTL : « Ce 18 septembre, nous voulons 1 million de personnes avec nous »

Cyril chabanier CFTC

Reçu par le nouveau Premier Ministre Sébastien Lecornu ce lundi 15 septembre, le président de la CFTC Cyril Chabanier a évoqué ce même jour sur RTL la manifestation intersyndicale du 18 septembre, à laquelle se joindra la CFTC.

Alors que le gouvernement ambitionne un budget 2026 austéritaire, susceptible de fragiliser les catégories les plus précaires de la population, notre organisation appelle les citoyens à se mobiliser, pour plus de justice sociale et fiscale.

Retrouvez ci-dessous l’interview de Cyril Chabanier, en intégralité:

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Cyril Chabanier, sur Europe 1: « Il faut désormais que la justice sociale se traduise en actions »

cyril chabanier europe 1

Reçu lundi 15 septembre par le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a pu livrer ses premières impressions sur le chef du Gouvernement au micro d’Europe 1, ce mardi 16 septembre: 

« Le Premier ministre m’a donné l’impression de vouloir replacer le dialogue social au cœur de son action…Néanmoins, je ne l’ai pas senti très ouvert sur le sujet de la suspension ou de l’abrogation de la réforme des retraites… »

« S’agissant des 44 milliards d’euros d’économie ambitionnés par le gouvernement, j’ai tout de même perçu une volonté d’améliorer l’efficience des moyens déployés par l’Etat, ou encore plus d’ouverture sur la possibilité de faire participer les hauts patrimoines à l’effort budgétaire. Ce sont des signes encourageants mais, ce 18 septembre, la CFTC se mobilise par la manifestation et la grève, pour que ces paroles se traduisent en actions »

Retrouvez ci-dessous l’interview de Cyril Chabanier sur Europe 1, en intégralité :

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Cyril chabanier CFTC

Pour plus de justice sociale et fiscale : pourquoi la CFTC se mobilise en septembre

Fermement opposées à la violence des mesures budgétaires envisagées par le Gouvernement, la CFTC et l’intersyndicale appellent à une journée de mobilisation sur l’ensemble du territoire ce 18 septembre 2025. Cyril Chabanier, président de la CFTC, détaille ici les raisons qui motivent l’organisation de cette journée de manifestation.

Cyril charnier CFTC

Cyril, ce 18 septembre, la CFTC manifestera avec le reste de l’intersyndicale. Qu’est ce qui a motivé cette décision? 

En substance, la CFTC s’oppose fermement aux 40 milliards d’euros d’économie que le gouvernement veut répartir entre l’État, la Sécurité sociale et les collectivités locales. Néanmoins, je voudrais clarifier une chose importante : le Premier ministre semble croire que les français, et les syndicats avec eux, n’ont pas pris la mesure de la gravité de notre situation budgétaire.  A la CFTC, nous pensons le contraire ! Nous avons conscience, tout le monde en a conscience, que le paiement des seuls intérêts de la dette constituera le deuxième poste de la dépense publique en 2026 ! A titre de comparaison, ce poste de dépenses sera supérieur à celui de l’éducation nationale…Nous refusons que nos enfants ou petits-enfants héritent un jour de la facture et la payent au prix fort d’un renoncement à la protection sociale.

Qu’est ce qui pose plus précisément problème à la CFTC, dans ce projet de budget du Gouvernement ?

La CFTC pense que le rétablissement de nos comptes publics doit s’opérer dans le respect des principes les plus élémentaires de notre pacte républicain : le premier d’entre eux, c’est la justice sociale. Mais où est la justice sociale, quand on s’apprête à supprimer 2 jours fériés? A durcir les conditions d’accès à l’assurance chômage des demandeurs d’emplois, pour la 4e fois depuis 2019 ? Où est la justice sociale, quand le Gouvernement refuse de tirer les conclusions d’un récent rapport du Sénat, qui nous rappelle que les milliards d’euros d’aides publiques dont bénéficient les entreprises ne disposent même pas d’outils de suivi, d’évaluation et de correction dignes de ce nom ? On fait peser tout le poids des économies sur la population active. Par exemple, le gouvernement veut que l’assurance chômage économise autour de 2 milliards d’euros par an, mais il ne veut pas, dans le même temps, indisposer les chefs d’entreprises en leur demandant des comptes sur la destination et l’efficacité des 211 milliards d’euros d’aides perçues en 2023…

L’autre pierre angulaire de notre pacte républicain, c’est la solidarité nationale

Mais où est la solidarité nationale, quand la perspective d’une année blanche dégradera un peu plus les conditions de vie des plus précaires d’entre nous ? Je pense notamment aux jeunes ou encore aux familles monoparentales. Alors que la fortune des milliardaires français a augmenté de plus de 24 milliards d’euros depuis 2019, il ne paraît pas totalement indécent de les solliciter eux, plutôt que d’appauvrir encore ceux qui le sont déjà. Qu’on ne se méprenne pas : la CFTC respecte les chefs d’entreprise et ne voit pas d’un mauvais œil qu’il existe en France, comme ailleurs, des milliardaires. Elle rappelle simplement que les richesses produites et accumulées doivent tout ou presque aux infrastructures (transports, énergies, services publics…) qui sont financées par la dépense publique donc par les contribuables, les consommateurs, bref … nous toutes et tous !

Certains collectifs citoyens, en particulier sur les réseaux sociaux, appellent à bloquer le pays ce 10 septembre. Qu’en pense la CFTC ?

La question s’est effectivement posée à nos instances de soutenir ou pas ces mouvements spontanés, qui appellent à « tout bloquer ». Si la CFTC reconnaît évidemment à ses adhérents le droit de se mobiliser en leurs noms et d’exprimer leurs colères, elle a décidé de ne pas s’y associer en tant qu’organisation. Les raisons sont multiples : des mots d’ordre souvent très flous quand ils ne sont pas contradictoires ; des leaders qui mettent parfois en cause la légitimité des partis politiques comme des syndicats ; des appels à la « bordélisation » récupérés par des présidentiables pressés…

Ce n’est pas ainsi que la CFTC conçoit son rôle et son action. La CFTC croit en la mobilisation concertée, organisée par des collectifs légitimes car représentatifs (puisque élus), et dont le savoir-faire en la matière n’est plus à prouver. C’est à cette forme de mobilisation, que je vous appelle toutes et tous le 18 septembre. C’est ainsi que nous souhaiterions faire entendre de manière pacifique et responsable la voix des travailleurs, pour que la France adopte un budget juste, où les efforts ne seront acceptables que parce qu’ils seront équitablement répartis !         

➡️ Article sur les aides publiques dont bénéficient les entreprises (Le monde)

➡️ Article sur la fortune des milliardaires (Capital)

Pour plus de justice sociale et fiscale : pourquoi la CFTC se mobilise en septembre Lire la suite »

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Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit !

Fermement opposées à la violence des mesures budgétaires envisagées par le Gouvernement, la CFTC et l’intersyndicale appellent à une journée de mobilisation sur l’ensemble du territoire le 18 septembre 2025, y compris par la grève et la manifestation.

Communiqué de presse  

29 août 2025 

Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit ! 

Les travailleurs et travailleuses que nos organisations représentent sont en colère. La  multiplication des mobilisations sous diverses formes le confirme. Personne ne peut  méconnaitre le mécontentement et la fatigue de la population.  

Représentant.e.s de la CFDT, CGT, CGT-FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU, SOLIDAIRES,  nous nous sommes réunis à Paris ce vendredi 29 août 2025. 

Les pistes de budget présentées le 15 juillet par le premier Ministre ont été immédiatement et unanimement condamnées par nos organisations. 

En effet, les différentes mesures budgétaires avancées sont d’une brutalité sans précédent.  Le Gouvernement a choisi encore une fois de faire payer les travailleuses et les travailleurs,  les précaires, les retraité·es, les malades : la suppression de deux jours fériés, des coupes  dans les services publics, la remise en cause du droit du travail, une énième réforme de  l’assurance chômage, le gel des prestations sociales et celui des salaires des fonctionnaires  comme des contractuel·les, la désindexation des pensions de retraites, le doublement des  franchises médicales, la remise en cause de la 5ème semaine de congés payés… Autant de  mesures aussi brutales que profondément injustes. Ce qui creuse la dette, ce sont aussi les  baisses d’impôts pour les riches et les 211 Mds d’aides publiques captées par les plus grandes  entreprises ! 

Ensemble, nous alertons solennellement sur ce contexte et la situation de notre pays. Depuis  le passage en force du Président de la République sur la réforme des retraites notre pays  s’enfonce dans une profonde crise sociale et démocratique.  

Les inégalités et le nombre de personnes basculant en dessous du seuil de pauvreté  explosent, les conséquences du changement climatique se multiplient et ont des impacts  directs sur les travailleurs et travailleuses, les fermetures d’entreprises et suppressions  d’emplois se multiplient, les services publics sont en crise, les salaires ne permettent pas de  vivre dignement de son travail, les travailleurs et travailleuses essentielles attendent toujours  reconnaissance et dignité au travail…. 

Plus que jamais, le partage de la valeur et des richesses, la revalorisation des salaires et  l’égalité entre les femmes et les hommes sont indispensables.  

Plutôt que de modifier son projet de budget afin de répondre à la situation inédite du déficit, le  premier Ministre a décidé d’une stratégie de diversion en se soumettant à un vote de confiance  le 8 septembre. Pour nos organisations, la construction d’un tout autre budget porteur d’espoir,  de justice sociale et de justice fiscale est impérative. 

Nos organisations syndicales refusent que ce soient encore les travailleuses et travailleurs,  les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraité·es qui payent la facture, à la fois  financièrement, mais aussi par une flexibilité accrue. 

Depuis le mois de juillet, elles se mobilisent dans l’ensemble des entreprises et  administrations, dans les territoires et professions en allant à la rencontre des travailleurs et  travailleuses afin qu’elles et ils signent la pétition intersyndicale stopbudgetbayrou.fr 

Aujourd’hui, nos organisations appellent à une journée de mobilisation sur l’ensemble du  territoire, le 18 septembre 2025, y compris par la grève et la manifestation.

Le musée des horreurs du projet de budget doit être abandonné. Les exigences sociales  doivent être enfin prises en compte !  

Nous voulons : 

∙ des moyens budgétaires à la hauteur des missions des services et des politiques  publiques ; 

∙ des mesures pour lutter contre la précarité et renforcer la solidarité ; 

∙ des investissements dans une transition écologique juste et la réindustrialisation de la  France et des mesures contre les licenciements ; 

∙ la justice fiscale, avec la mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et  les très hauts revenus, contraignent le versement des dividendes et conditionnent  fortement les aides aux entreprises ; 

∙ une protection sociale de haut niveau et l’abandon de la retraite à 64 ans.  

Nous appelons les travailleuses et les travailleurs à se mobiliser massivement pour changer  la donne et gagner des avancées ! Nos organisations restent en contact, conviennent de se  revoir après cette journée de mobilisation et de grève et se réservent la possibilité de prendre toute initiative nécessaire.

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stopbudgetbayrou.fr 

Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit ! Lire la suite »

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