grève

Carrefour

« Ils nous traitent comme des salariés de seconde zone » : dans les ex magasins Cora repris par Carrefour, la CFTC appelle à la grève

Ce mercredi 1er avril, la CFTC avait appelé à la grève les salariés des 57 anciennes enseignes du groupe Cora, qui avaient été rachetées par Carrefour en 2024. Notre organisation dénonce une dégradation inquiétante des conditions de travail, ainsi que des écarts de rémunération persistants entre les anciens salariés de Cora et ceux de leur nouveau propriétaire. Explications avec Cyrille Lechevestrier, délégué central CFTC Cora France.

Cyrille, peux-tu nous expliquer pourquoi la CFTC a appelé à la grève les ex salariés de Cora, dont les magasins avaient été repris par Carrefour en 2024 ?

Bien sûr. À la base, Cora, c’est une chaine d’hypermarchés, dont Carrefour a racheté les 57 magasins français il y a un an et demi. Depuis, les ex salariés de Cora portent les couleurs de Carrefour. Idem pour nos magasins, qui sont maintenant au nom du groupe. Le problème, c’est quel’acquisition de nos enseignes s’est tout de suite mal passée : on nous a, en somme,  expliqué sans ménagement qu’on ne savait pas travailler.

L’encadrement des magasins a notamment vite été mis sous pression – une pression qui a ruisselé sur les salariés. Carrefour a aussi procédé à de nombreux gels des embauches : un certain nombre de personnes absentes n’ont pas été remplacées, ça a forcément généré une surcharge de travail. Et puis il y a évidemment la question du salaire : les anciens salariés de Cora sont significativement moins bien payés que leurs homologues du groupe Carrefour.

À combien se portent ces écarts de salaire et comment le groupe Carrefour les justifie-t-il ?

Les salariés « classiques » de Carrefour sont quasiment payés 1 euro brut de plus de l’heure que nous. C’est significatif, quand vous considérez que la plupart des ex salariés de Cora sont rémunérés au SMIC. La CFTC juge que, à travail égal, un salaire égal devrait être versé. Quand nous avons signalé cette injustice à la Direction, ils nous ont simplement répondu qu’ils avaient pris l’engagement de préserver le modèle social auquel les salariés étaient attachés avant le rachat de Cora…

Au-delà même du salaire, les avantages extra salariaux des ex employés de Cora sont aussi très inférieurs à ceux de leurs homologues de Carrefour, c’est bien ça ?

Absolument. Comparativement, les anciens salariés de Cora ont 1 semaine de congé en moins, une prime de vacances moins importante, ou encore moins d’intéressement et de participation.

La CFTC a plutôt tendance à utiliser la grève en dernier recours. Avant d’en arriver là, avez-vous essayé de trouver une voie médiane avec la direction ?

Ça fait un moment que de nombreux salariés et délégués syndicaux nous demandent de recourir à la grève. Je ne suis pas quelqu’un qui rentre tout de suite dans le dur, donc nous avons d’abord essayé de négocier. J’ai notamment été reçu par la Direction générale en fin d’année dernière pour faire le point, leur dire que ça ne pouvait pas durer, que les équipes étaient à bout : des salariés sont en burnout, des délégués syndicaux pointent l’émergence des risques psychosociaux dans plusieurs magasins, on nous refuse des embauches pour remplacer des travailleurs absents… Ça fait beaucoup.

Que vous a-t-on répondu ?

En gros, qu’on ne savait pas travailler chez Cora… À la fin de l’entretien, l’un des représentants de la direction rigole, en me disant : « Vous auriez dû m’apporter une boîte de mouchoirs, c’est à pleurer vos histoires ». Hilarant, non ? Je lui ai rétorqué : « Si vous avez besoin de mouchoirs, je vous prendrai une marque Repère la prochaine fois. Ils sont moins chers que chez Carrefour et vu ce que vous nous payez, ça me fera faire des économies. »

Mais plus largement, comprenez-vous les transformations que le groupe Carrefour veut implémenter dans les ex magasins Cora ?

On ne fait que recevoir des messages contradictoires. Nous avions par exemple entendu par la presse qu’Alexandre Bompard (le PDG de Carrefour, NDLR) songerait à vendre 10 magasins Cora. Ou encore, qu’il pourrait bientôt annoncer la cession de certaines de nos enseignes en location-gérance… Stratégiquement, tout cela est très flou.

En février et mars, le groupe Carrefour a tenu avec les syndicats ses négociations annuelles obligatoires (NAO). Aucune des propositions de l’employeur ne vous a alors semblé à la hauteur des enjeux ?

Schématiquement, la négociation s’est tenue en deux temps. D’abord, ils ont proposé la mise en œuvre d’une augmentation de salaire de 1% pour les ex salariés de Cora. C’était moins que ce qui était prévu pour nos homologues de Carrefour, alors même que nos grilles de salaires sont inférieures aux leurs. Le différentiel était donc encore susceptible de se creuser. En outre, on nous a aussi annoncé que nous ne toucherions ni participation ni intéressement, car nous n’avions pas atteint les objectifs de chiffre d’affaires qui donnent droit à ces primes. Mais je leur ai répondu que c’était avant tout de leur faute si les anciens employés de Cora n’avaient pas atteint ces seuils de déclenchement.

Pourquoi cela ?

Pendant 6 à 7 mois, certains de nos rayons sont restés en grande partie vides du fait d’une réorganisation de la logistique décidée par Carrefour. Peut-être qu’ils n’avaient pas la marchandise nécessaire à notre approvisionnement – une source externe à l’entreprise m’a notamment confié que le groupe avait sous-estimé le volume de commandes nécessaire et donc priorisé ses magasins historiques, plutôt que les ex enseignes de Cora. Quoi qu’il en soit, ces dysfonctionnements ne sont pas du fait des salariés.

Vous disiez qu’il y a eu deux temps dans cette négociation. Que s’est-il passé ensuite ?

L’employeur a revu sa copie en nous proposant – comme pour les salariés « type » de Carrefour – une hausse de salaire de 1,3 %. Mais étant donné que les salaires de base des anciens de Cora sont moins conséquents, cette augmentation était comparativement plus faible pour nous, en valeur absolue. Bien sûr, la CFTC comprend qu’un rattrapage de la grille salariale puisse nécessiter du temps. Mais nous demandions à minima qu’un effort soit fait progressivement dans ce sens, année après année. En 2026, on aurait par exemple pu commencer par faire en sorte de réduire l’écart constaté en termes de rémunération horaire, pour qu’il ne soit plus d’environ 1 euro de heure, mais de 70 centimes.

S’agissant des primes, Carrefour a-t-il consenti à un effort, lors de cette 2e phase de négociations ?

Ils ont proposé que les ex salariés de Cora puissent toucher une prime de 230 euros brut de partage de la valeur. Par comparaison, cette même prime dépasse 1 400 euros pour les autres salariés de Carrefour. Ça n’a fait que confirmer ce que nous pensions déjà : ils nous traitent comme des salariés de seconde zone. C’est là que nous avons décidé qu’un mouvement de grève était justifié et nécessaire.

Justement, quel bilan faites-vous de cette première journée de mobilisation ?

Ca a été un véritable succès collectif. On dénombre au moins 18 magasins où des débrayages ont été organisés, des centaines de salariés ont défilé dans chaque enseigne. Nous adressons un immense merci à l’ensemble des participants.

Comment envisagez-vous la suite ?

J’ai des réunions prochainement prévues avec la direction générale, nous allons voir s’il y a un début de changement de cap de leur côté. Si aucune mesure significative n’est prise, on ne s’interdit pas d’appeler à une seconde journée de mobilisation, dans 15 jours ou trois semaines.

Tous propos recueillis par AC

« Ils nous traitent comme des salariés de seconde zone » : dans les ex magasins Cora repris par Carrefour, la CFTC appelle à la grève Lire la suite »

cyril chabanier france tv 2 oct 25

Nous appelons à la grève ce 2 octobre, car on veut influer sur le budget qui est en construction »

Invité sur le plateau de Télématin ce jeudi, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, est revenu sur les raisons qui poussent notre organisation à se mobiliser à nouveau au sein de l’intersyndicale, ce 2 octobre:

« Nous appelons à la grève, car on peut influer sur le budget qui est encore en construction… A cet égard, on veut des réponses claires sur l’année blanche – à laquelle la CFTC est fermement opposée – sur une plus grande taxation des dividendes ou encore sur la question du doublement des franchises médicales. »

Retrouvez ci-dessous l’interview de Cyril Chabanier, à Télématin:

Nous appelons à la grève ce 2 octobre, car on veut influer sur le budget qui est en construction » Lire la suite »

cyril bfm 25 sept

Reçu par le Premier Ministre, Cyril Chabanier regrette des échanges encore « trop flous et indéterminés »

Reçu mercredi 24 septembre par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, ne s’est pas vu proposer par le Chef du gouvernement des mesures budgétaires franches, qui iraient dans le sens d’une plus grande justice sociale et fiscale.

A ce titre, l’intersyndicale a appelé à une nouvelle journée de mobilisation le jeudi 2 octobre.

Le numéro 1 de la CFTC est notamment revenu sur la teneur de son entretien à Matignon, sur les antennes de BFM TV et BFM Business:

« On a pu échanger avec un Premier ministre qui souhaite redonner sa place au dialogue social…Néanmoins, sur la question d’une participation des plus aisés à l’effort budgétaire, de l’année blanche ou encore d’une mise sous condition des aides publiques aux entreprises, on n’a pas vraiment eu de réponse…Tout cela reste encore assez flou et indéterminé. »

Retrouvez ci-dessous des extraits des interviews de Cyril Chabanier sur BFM TV et BFM Business:

Reçu par le Premier Ministre, Cyril Chabanier regrette des échanges encore « trop flous et indéterminés » Lire la suite »

logo cftc

Aucune réponse concrète aux attentes du monde du travail : l’intersyndicale appelle à une mobilisation massive le 2 octobre

Après la réussite de la mobilisation interprofessionnelle du 18 septembre, l’ensemble des organisations syndicales avait posé un ultimatum. Elles ont été reçues ce matin par le Premier ministre, pour obtenir des réponses concrètes aux revendications exprimées par les travailleuses et les travailleurs.

L’intersyndicale déplore une occasion manquée. Après un long échange avec le Premier ministre sur les enjeux qui se posent pour le monde du travail, aucune réponse claire n’a été apportée à la colère des salarié·es, agent·es, demandeurs·euses d’emploi, jeunes, retraité·es …

Le Premier ministre a expliqué qu’il n’était pas en mesure de connaître la copie finale du budget 2026 qui sera adoptée par le Parlement, alors que l’intersyndicale attendait au moins des pistes sur une copie initiale. Ni rupture avec les mesures présentées en juillet, ni engagement sur ce que pourraient être des mesures de justice sociale et fiscale.

Le monde du travail a assez souffert et c’est pourquoi l’ensemble des organisations syndicales appelle à amplifier la mobilisation lors d’une nouvelle journée d’action et de grève interprofessionnelle le jeudi 2 octobre prochain pour exiger :

  • L’abandon de l’ensemble du projet de budget et notamment le doublement des franchises médicales, l’année blanche (désindexation des pensions, des prestations sociales, des salaires des agent·es de la fonction publique et du budget des services publics), la suppression de 3000 postes de fonctionnaires et la réforme de l’assurance chômage, ainsi que des projets attaquant le code du travail, et le 1er mai ;
  • La justice fiscale, avec la mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et les très hauts revenus, et contraignent le versement des dividendes ;
  • La conditionnalité sociale et environnementale des 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises privées ;
  • Des moyens budgétaires à la hauteur pour les services publics partout sur le territoire ;
  • Une protection sociale de haut niveau et l’abandon du recul de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans ;
  • Des investissements dans une transition écologique juste et la réindustrialisation de la France, et des mesures contre les licenciements.

Pour préparer et réussir les grèves et manifestations du 2 octobre, les travailleuses et travailleurs et leurs syndicats maintiendront la pression et leurs revendications salariales par des actions dans les entreprises, les services et administrations, par différentes initiatives, organisations de réunions d’information, assemblées générales du personnel …

Les organisations syndicales conviennent d’ores et déjà de se revoir très rapidement.

Paris, le 24 septembre 2025

>> communiqué de presse

Aucune réponse concrète aux attentes du monde du travail : l’intersyndicale appelle à une mobilisation massive le 2 octobre Lire la suite »

cyril et le 1er ministre 22 sept 25

« Sur le budget, nous attendons des signes de rupture forts » prévient Cyril Chabanier sur France Info et BFM TV

Faisant suite au succès des manifestations du 18 septembre, les syndicats, dont la CFTC, seront reçus ce mercredi 24 septembre par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Reçu à ce sujet sur les plateaux de France Info TV et BFM TV, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a détaillé les revendications que notre organisation défendra auprès du Chef du gouvernement: « Sur le budget, nous attendons des signes de rupture forts…Le Premier ministre pourrait par exemple nous dire qu’il ne souhaite plus faire de nouvelle grande réforme de l’assurance chômage, à laquelle la CFTC est opposée. Ou encore, proposer une meilleure conditionnalité des aides publiques aux entreprises, émettre une proposition significative sur la taxation des plus riches, voire sur l’amélioration du pouvoir d’achat…Quoi qu’il arrive, à la CFTC, nous sommes convaincus qu’il est possible de trouver un compromis sur le budget. »

Retrouvez ci-dessous en intégralité les interventions de Cyril Chabanier, sur France Info TV et BFM TV:

« Sur le budget, nous attendons des signes de rupture forts » prévient Cyril Chabanier sur France Info et BFM TV Lire la suite »

manif 18 sept 25

Manifestations du 18 septembre : à Paris, les militants CFTC mobilisés pour « plus d’équité fiscale » et « vivre dignement de leur travail »

Investie sur tout le territoire ce 18 septembre, la CFTC a évidemment battu le pavé à Paris, au sein de l’intersyndicale. Récit de l’évènement avec quelques militants, qui détaillent les raisons de leur mobilisation ce jeudi.

manif 18 septembre 2025

Crédits photos : Guillaume Blanchon

Ce 18 septembre, la place de la Bastille bouillonne. Il est 14 heures, les drapeaux s’agitent, les slogans pleuvent et les sonos tonnent : l’intersyndicale – qui rassemble plusieurs dizaines de milliers de militants ce jeudi à Paris-  peut lentement commencer sa marche, qui mènera les manifestants jusqu’à la place de la Nation, dans le 11e arrondissement de la capitale. Dans le flot de marcheurs du jour, on repère vite l’azur des dossards des militants de la CFTC. Parmi eux, Hamdia, la cinquantaine, venu « pour essayer de faire comprendre au président Macron ce que nous, le peuple, on subit. »

Hamdia est employé en région parisienne, dans une entreprise de cosmétiques. Avant, il avait longuement travaillé à Sochaux-Montbéliard, dans les usines Peugeot de l’agglomération, depuis soumises à de nombreuses restructurations. « L’entreprise faisait vivre tout le département…On n’était pas payé rubis sur l’ongle, c’est sûr, mais on pouvait vivre décemment avec ce salaire là. » Pour Hamdia, le cœur du problème est là : « En ce moment, tout le monde évoque la nécessité de taxer les plus riches. Pourquoi pas, mais je pense que la priorité n’est pas là : il faut d’abord que les gens qui travaillent puissent toucher un salaire qui leur permette de vivre dignement, tout simplement ».

Il évoque spontanément sa retraite, à laquelle il pense régulièrement : « On me dit que je vais devoir cotiser jusqu’à 64 ans. Mais est-ce que ça sera encore vrai dans quelques années ? Est-ce qu’un jour, on ne va pas m’expliquer que je vais devoir cotiser jusqu’à 67 ans ? 69 ans ? 71 ans? Qu’on me le dise tout de suite : comme ça, je préprogramme mon enterrement, ça me coutera moins cher. »

manif 18 septembre 2025

La retraite, Sonia* vient de commencer à en bénéficier, après avoir travaillé pendant 44 ans. « Je suis là pour les boomers », lance d’emblée cette ancienne employée du secteur de la banque et des assurances. « Ça m’a choquée que François Bayrou cible les retraités…Comme s’ils étaient les grands responsables du laissez-faire budgétaire… Mais qui est coupable de ces erreurs de gestion ? Les citoyens, ou ceux qui pilotent le budget de la Nation ? »

Pour rééquilibrer les finances de l’Etat, elle évoque les 211 milliards d’euros d’aides publiques dont bénéficient annuellement les entreprises, selon les estimations d’un récent rapport sénatorial : « Le problème, c’est que ces milliards d’euros d’aides ne sont pas contrôlés, ni soumis à des objectifs de maintien ou de création d’emplois », regrette elle. Pour elle, il faut aussi davantage solliciter les plus favorisés, afin de mieux financer les services publics et assurer le maintien du modèle social français : « Je suis en faveur de la taxe Zucman, tranche-t-elle. Quand on a plus de 100 millions d’euros de capital, est ce que c’est trop demander de contribuer à hauteur de 2% de son patrimoine ? On ne peut pas laisser les ultra privilégiés se soustraire au pacte social. »

taxe Zucman ultra riches à la caisse

Non loin d’elle, Larbi acquiesce « Le français moyen est soumis à un taux d’imposition et de prélèvement de 50 %. Mais pour les milliardaires, ça retombe à 25%. Ça ne peut plus marcher. Il faut de l’équité fiscale. » Pour ce juriste au regard rieur et au verbe facile, « si des efforts budgétaires sont à faire, tout le monde doit prendre sa part, à la hauteur de ses moyens. »

Il cite aussi spontanément l’exemple de Michelin : l’entreprise avait fermé deux de ses sites de production en 2024, tout en percevant parallèlement 140 millions d’euros d’aides publiques et en engrangeant 1.9 milliard d’euros de bénéfices : « L’Etat les aide, et ils ferment des usines en France, en délocalisant. C’est inadmissible ! » S’il déplore la détérioration du contexte social et l’instabilité politique actuelle, Larbi n’est pas résigné pour autant : « Vous savez, moi, je viens d’un pays, l’Algérie, que j’ai dû quitter pendant la décennie noire, il y a presque 30 ans … J’aime mon pays de naissance, mais en France, j’ai trouvé une société que je trouve magnifique, dans sa pluralité, son ouverture, sa solidarité…J’y crois encore, mais il faut que ça bouge. » Avant de lever haut sa pancarte pour rejoindre la tête du cortège de la CFTC, Sonia a un dernier message à faire passer :

 Tous propos recueillis par AC

*dans un souci de confidentialité, certains prénoms ont été modifiés

autres articles

211 milliards d’euros d’aides publiques dont bénéficient annuellement les entreprises

Taxe Zucman

Manifestations du 18 septembre : à Paris, les militants CFTC mobilisés pour « plus d’équité fiscale » et « vivre dignement de leur travail » Lire la suite »

Cyril Chabanier, sur RTL : « Ce 18 septembre, nous voulons 1 million de personnes avec nous »

Cyril chabanier CFTC

Reçu par le nouveau Premier Ministre Sébastien Lecornu ce lundi 15 septembre, le président de la CFTC Cyril Chabanier a évoqué ce même jour sur RTL la manifestation intersyndicale du 18 septembre, à laquelle se joindra la CFTC.

Alors que le gouvernement ambitionne un budget 2026 austéritaire, susceptible de fragiliser les catégories les plus précaires de la population, notre organisation appelle les citoyens à se mobiliser, pour plus de justice sociale et fiscale.

Retrouvez ci-dessous l’interview de Cyril Chabanier, en intégralité:

Cyril Chabanier, sur RTL : « Ce 18 septembre, nous voulons 1 million de personnes avec nous » Lire la suite »

cyril chabanier europe 1

Cyril Chabanier, sur Europe 1: « Il faut désormais que la justice sociale se traduise en actions »

cyril chabanier europe 1

Reçu lundi 15 septembre par le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a pu livrer ses premières impressions sur le chef du Gouvernement au micro d’Europe 1, ce mardi 16 septembre: 

« Le Premier ministre m’a donné l’impression de vouloir replacer le dialogue social au cœur de son action…Néanmoins, je ne l’ai pas senti très ouvert sur le sujet de la suspension ou de l’abrogation de la réforme des retraites… »

« S’agissant des 44 milliards d’euros d’économie ambitionnés par le gouvernement, j’ai tout de même perçu une volonté d’améliorer l’efficience des moyens déployés par l’Etat, ou encore plus d’ouverture sur la possibilité de faire participer les hauts patrimoines à l’effort budgétaire. Ce sont des signes encourageants mais, ce 18 septembre, la CFTC se mobilise par la manifestation et la grève, pour que ces paroles se traduisent en actions »

Retrouvez ci-dessous l’interview de Cyril Chabanier sur Europe 1, en intégralité :

Cyril Chabanier, président de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens, répond aux questions d’Alexandre Le Mer.

18 septembre : «On espère approcher le million de personnes dans la rue», confie Cyril Chabanier qui précise «oui à une journée de grève et non aux violences et aux blocages»

Cyril Chabanier, sur Europe 1: « Il faut désormais que la justice sociale se traduise en actions » Lire la suite »

Cyril chabanier CFTC

Pour plus de justice sociale et fiscale : pourquoi la CFTC se mobilise en septembre

Fermement opposées à la violence des mesures budgétaires envisagées par le Gouvernement, la CFTC et l’intersyndicale appellent à une journée de mobilisation sur l’ensemble du territoire ce 18 septembre 2025. Cyril Chabanier, président de la CFTC, détaille ici les raisons qui motivent l’organisation de cette journée de manifestation.

Cyril charnier CFTC

Cyril, ce 18 septembre, la CFTC manifestera avec le reste de l’intersyndicale. Qu’est ce qui a motivé cette décision? 

En substance, la CFTC s’oppose fermement aux 40 milliards d’euros d’économie que le gouvernement veut répartir entre l’État, la Sécurité sociale et les collectivités locales. Néanmoins, je voudrais clarifier une chose importante : le Premier ministre semble croire que les français, et les syndicats avec eux, n’ont pas pris la mesure de la gravité de notre situation budgétaire.  A la CFTC, nous pensons le contraire ! Nous avons conscience, tout le monde en a conscience, que le paiement des seuls intérêts de la dette constituera le deuxième poste de la dépense publique en 2026 ! A titre de comparaison, ce poste de dépenses sera supérieur à celui de l’éducation nationale…Nous refusons que nos enfants ou petits-enfants héritent un jour de la facture et la payent au prix fort d’un renoncement à la protection sociale.

Qu’est ce qui pose plus précisément problème à la CFTC, dans ce projet de budget du Gouvernement ?

La CFTC pense que le rétablissement de nos comptes publics doit s’opérer dans le respect des principes les plus élémentaires de notre pacte républicain : le premier d’entre eux, c’est la justice sociale. Mais où est la justice sociale, quand on s’apprête à supprimer 2 jours fériés? A durcir les conditions d’accès à l’assurance chômage des demandeurs d’emplois, pour la 4e fois depuis 2019 ? Où est la justice sociale, quand le Gouvernement refuse de tirer les conclusions d’un récent rapport du Sénat, qui nous rappelle que les milliards d’euros d’aides publiques dont bénéficient les entreprises ne disposent même pas d’outils de suivi, d’évaluation et de correction dignes de ce nom ? On fait peser tout le poids des économies sur la population active. Par exemple, le gouvernement veut que l’assurance chômage économise autour de 2 milliards d’euros par an, mais il ne veut pas, dans le même temps, indisposer les chefs d’entreprises en leur demandant des comptes sur la destination et l’efficacité des 211 milliards d’euros d’aides perçues en 2023…

L’autre pierre angulaire de notre pacte républicain, c’est la solidarité nationale

Mais où est la solidarité nationale, quand la perspective d’une année blanche dégradera un peu plus les conditions de vie des plus précaires d’entre nous ? Je pense notamment aux jeunes ou encore aux familles monoparentales. Alors que la fortune des milliardaires français a augmenté de plus de 24 milliards d’euros depuis 2019, il ne paraît pas totalement indécent de les solliciter eux, plutôt que d’appauvrir encore ceux qui le sont déjà. Qu’on ne se méprenne pas : la CFTC respecte les chefs d’entreprise et ne voit pas d’un mauvais œil qu’il existe en France, comme ailleurs, des milliardaires. Elle rappelle simplement que les richesses produites et accumulées doivent tout ou presque aux infrastructures (transports, énergies, services publics…) qui sont financées par la dépense publique donc par les contribuables, les consommateurs, bref … nous toutes et tous !

Certains collectifs citoyens, en particulier sur les réseaux sociaux, appellent à bloquer le pays ce 10 septembre. Qu’en pense la CFTC ?

La question s’est effectivement posée à nos instances de soutenir ou pas ces mouvements spontanés, qui appellent à « tout bloquer ». Si la CFTC reconnaît évidemment à ses adhérents le droit de se mobiliser en leurs noms et d’exprimer leurs colères, elle a décidé de ne pas s’y associer en tant qu’organisation. Les raisons sont multiples : des mots d’ordre souvent très flous quand ils ne sont pas contradictoires ; des leaders qui mettent parfois en cause la légitimité des partis politiques comme des syndicats ; des appels à la « bordélisation » récupérés par des présidentiables pressés…

Ce n’est pas ainsi que la CFTC conçoit son rôle et son action. La CFTC croit en la mobilisation concertée, organisée par des collectifs légitimes car représentatifs (puisque élus), et dont le savoir-faire en la matière n’est plus à prouver. C’est à cette forme de mobilisation, que je vous appelle toutes et tous le 18 septembre. C’est ainsi que nous souhaiterions faire entendre de manière pacifique et responsable la voix des travailleurs, pour que la France adopte un budget juste, où les efforts ne seront acceptables que parce qu’ils seront équitablement répartis !         

➡️ Article sur les aides publiques dont bénéficient les entreprises (Le monde)

➡️ Article sur la fortune des milliardaires (Capital)

Pour plus de justice sociale et fiscale : pourquoi la CFTC se mobilise en septembre Lire la suite »

logo cftc

Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit !

Fermement opposées à la violence des mesures budgétaires envisagées par le Gouvernement, la CFTC et l’intersyndicale appellent à une journée de mobilisation sur l’ensemble du territoire le 18 septembre 2025, y compris par la grève et la manifestation.

Communiqué de presse  

29 août 2025 

Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit ! 

Les travailleurs et travailleuses que nos organisations représentent sont en colère. La  multiplication des mobilisations sous diverses formes le confirme. Personne ne peut  méconnaitre le mécontentement et la fatigue de la population.  

Représentant.e.s de la CFDT, CGT, CGT-FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU, SOLIDAIRES,  nous nous sommes réunis à Paris ce vendredi 29 août 2025. 

Les pistes de budget présentées le 15 juillet par le premier Ministre ont été immédiatement et unanimement condamnées par nos organisations. 

En effet, les différentes mesures budgétaires avancées sont d’une brutalité sans précédent.  Le Gouvernement a choisi encore une fois de faire payer les travailleuses et les travailleurs,  les précaires, les retraité·es, les malades : la suppression de deux jours fériés, des coupes  dans les services publics, la remise en cause du droit du travail, une énième réforme de  l’assurance chômage, le gel des prestations sociales et celui des salaires des fonctionnaires  comme des contractuel·les, la désindexation des pensions de retraites, le doublement des  franchises médicales, la remise en cause de la 5ème semaine de congés payés… Autant de  mesures aussi brutales que profondément injustes. Ce qui creuse la dette, ce sont aussi les  baisses d’impôts pour les riches et les 211 Mds d’aides publiques captées par les plus grandes  entreprises ! 

Ensemble, nous alertons solennellement sur ce contexte et la situation de notre pays. Depuis  le passage en force du Président de la République sur la réforme des retraites notre pays  s’enfonce dans une profonde crise sociale et démocratique.  

Les inégalités et le nombre de personnes basculant en dessous du seuil de pauvreté  explosent, les conséquences du changement climatique se multiplient et ont des impacts  directs sur les travailleurs et travailleuses, les fermetures d’entreprises et suppressions  d’emplois se multiplient, les services publics sont en crise, les salaires ne permettent pas de  vivre dignement de son travail, les travailleurs et travailleuses essentielles attendent toujours  reconnaissance et dignité au travail…. 

Plus que jamais, le partage de la valeur et des richesses, la revalorisation des salaires et  l’égalité entre les femmes et les hommes sont indispensables.  

Plutôt que de modifier son projet de budget afin de répondre à la situation inédite du déficit, le  premier Ministre a décidé d’une stratégie de diversion en se soumettant à un vote de confiance  le 8 septembre. Pour nos organisations, la construction d’un tout autre budget porteur d’espoir,  de justice sociale et de justice fiscale est impérative. 

Nos organisations syndicales refusent que ce soient encore les travailleuses et travailleurs,  les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraité·es qui payent la facture, à la fois  financièrement, mais aussi par une flexibilité accrue. 

Depuis le mois de juillet, elles se mobilisent dans l’ensemble des entreprises et  administrations, dans les territoires et professions en allant à la rencontre des travailleurs et  travailleuses afin qu’elles et ils signent la pétition intersyndicale stopbudgetbayrou.fr 

Aujourd’hui, nos organisations appellent à une journée de mobilisation sur l’ensemble du  territoire, le 18 septembre 2025, y compris par la grève et la manifestation.

Le musée des horreurs du projet de budget doit être abandonné. Les exigences sociales  doivent être enfin prises en compte !  

Nous voulons : 

∙ des moyens budgétaires à la hauteur des missions des services et des politiques  publiques ; 

∙ des mesures pour lutter contre la précarité et renforcer la solidarité ; 

∙ des investissements dans une transition écologique juste et la réindustrialisation de la  France et des mesures contre les licenciements ; 

∙ la justice fiscale, avec la mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et  les très hauts revenus, contraignent le versement des dividendes et conditionnent  fortement les aides aux entreprises ; 

∙ une protection sociale de haut niveau et l’abandon de la retraite à 64 ans.  

Nous appelons les travailleuses et les travailleurs à se mobiliser massivement pour changer  la donne et gagner des avancées ! Nos organisations restent en contact, conviennent de se  revoir après cette journée de mobilisation et de grève et se réservent la possibilité de prendre toute initiative nécessaire.

Télécharger ce communiqué de presse au format PDF

stopbudgetbayrou.fr 

Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit ! Lire la suite »

Retour en haut