Reçu par le ministre de l’Économie Roland Lescure le mardi 7 avril pour évoquer les conséquences de la hausse du prix des carburants, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a regretté l’absence de mesures ambitieuses de la part du gouvernement pour accompagner les salariés dans ces temps difficiles :
« Sur l’ensemble des mesures qu’on avait proposées, le gouvernement n’en a retenu aucune… On ne peut pas dire non à la prime carburant, non à la baisse des taxes, non à la baisse des prix, bref, non à tout… Ce n’est pas tenable pour de trop nombreux salariés. »
Retrouvez sur le site de BFM TV l’interview de Cyril Chabanier en intégralité:
Quelles que soient les modalités de leur adoption — vote, ordonnances ou loi spéciale — l’État et la Sécurité sociale auront un budget. Si la CFTC a estimé la durée de vie des amendements et autres galops d’essai trop incertaine pour les commenter dans le détail, elle salue toutefois la tenue des débats. Le Parlement joue son rôle, les idées s’affrontent et c’est une bonne chose pour la démocratie!
Ce qui fait malheureusement encore défaut aujourd’hui, c’est la vision d’ensemble.
Beaucoup de mesures d’économie formulées ici ou là pourraient être validées par la CFTC si, et seulement si, elles s’inscrivaient dans un plan global. Le pays a besoin de réformes de fond, destinées à agir sur le long terme, plutôt que de cet empilement de mesures conjoncturelles, réactives et correctives dont on finit par perdre le sens. J’en veux pour preuve quelques exemples.
La Prime d’activité : Son gel, envisagé pour des raisons budgétaires, ne peut s’entendre que s’il s’accompagne d’une refonte des exonérations de cotisations. La CFTC le rappelle : le pouvoir d’achat doit reposer prioritairement sur le « juste salaire »versé par l’entreprise, et non sur une perfusion permanente de fonds publics. Une réforme audacieuse de ces exonérations aurait incité les entreprises à augmenter les salaires réels, en contrepartie de leur maintien, pour compenser le gel de la prime d’activité. Sans surprise, nous ne trouvons aucune trace d’une telle ambition dans le texte soumis au Sénat.
La Santé : Augmenter les franchises médicales revient à demander aux assurés de combler les déficits. C’est une mesure réactive, pas une solution. Une gestion responsable et durable exige de s’attaquer aux causes profondes par une politique ambitieuse de prévention, plutôt que de fragiliser les plus précaires. Or, la prévention demeure le parent pauvre du budget.
Dernière illustration de cette navigation à vue : Les retraites. La succession de réformes « paramétriques » nous condamne à retoucher le régime une fois par quinquennat, sans jamais s’attaquer véritablement à sa trajectoire déficitaire. On privilégie encore l’ajustement conjoncturel, comme le gel temporaire des pensions. La réponse à la dégradation structurelle des comptes devrait résider non plus dans un énième report de l’âge de départ ou dans l’accroissement de la durée d’assurance, mais bien dans une réforme systémique plus juste et plus lisible.
Les enseignements à tirer de cette fâcheuse tendance sont clairs. La vitalité démocratique ne peut se réduire à des joutes consistant à additionner des mesures comptables sans considération pour l’état réel du pays. Si un budget doit refléter une vision de la société et de son avenir, alors une cohérence d’ensemble doit en ressortir. Or, cette cohérence n’apparaît pas.
L’apprentissage du débat parlementaire suppose d’avoir à l’esprit une seule cible : l’intérêt général et, mieux encore, ce Bien Commun si cher à la CFTC.
En juillet 2025, une commission d’enquête sénatoriale avait publié un rapport sur le montant et l’efficacité des aides publiques aux entreprises. Son bilan, qui s’appuie sur six mois d’enquêtes et d’auditions, est sans appel : les aides aux employeurs, évaluées à 211 milliards d’euros par an, ne sont ni lisibles, ni suffisamment conditionnées et évaluées. Alors que le gouvernement veut réaliser 44 milliards d’euros d’économies sur le budget 2026 et que la CFTC appelle à une plus juste répartition de l’effort budgétaire, les sénateurs Fabien Gay (PCF) et Olivier Rietmann (Les Républicains) – rapporteur et président de cette commission d’enquête – reviennent sur les recommandations formulées dans ce rapport parlementaire.
Messieurs, en préambule, pouvez-vous nous expliquer comment cette commission d’enquête sur l’attribution des aides publiques aux entreprises a pris forme ?
Fabien Gay (sénateur PCF) : Courant novembre 2025, Michelin et Auchan, de grandes entreprises qui bénéficient de pléthores d’aides publiques, ont procédé à de nombreux licenciements. Le groupe communiste au Sénat a donc voulu lier la question de ces licenciements à celle des subventions. La problématique qu’on voulait adresser est la suivante : est-il normal de voir des grandes entreprises, qui versent des dividendes, licencier et toucher malgré tout des aides publiques ?C’est le point de départ de cette commission d’enquête.
Olivier Rietmann (sénateur Les Républicains) : Fabien a rapidement endossé le rôle de rapporteur de cette commission. En tant que président de la délégation aux entreprises du Sénat et étant moi-même ancien chef d’entreprise, je suis très sensibilisé à ces questions. J’ai donc postulé à la présidence de cette commission. Je pense que ça nous a permis de dégager d’emblée un équilibre. Parlons clair : Fabien est sur une position communiste, de gauche très appuyée. Moi, je suis un libéral, certes, mais un libéral humaniste, qui prône un capitalisme cadré, régulé, qui ne laisse personne sur le bord de la route. On voulait donc tous les deux que ce rapport aboutisse sur des propositions fermes, claires. Je crois d’ailleurs que nous avons clairement réussi à faire un pas l’un vers l’autre, dans nos recommandations. Ça nous a permis de formuler un corpus de propositions communes.
« Il n’y a aucun tableau de bord, aucune donnée du Ministère de l’économie, qui tienne précisément compte des subventions et aides dont bénéficient les entreprises » Fabien Gay, sénateur PCF
Avant d’évoquer ces propositions, évoquons ce chiffre de 211 milliards d’euros d’aide publiques, qui sont accordées annuellement aux entreprises. Qu’est-ce que vous évoque ce montant ?
Olivier Rietmann : D’abord, je pense que nous devons définir ce que nous avons catégorisé ici comme aide publique. Très schématiquement, ces 211 milliards représentent ce qui est versé aux entreprises pour les aider à être plus compétitives, ainsi que tous les avantages fiscaux et sociaux qui peuvent leur être alloués, via des exonérations ou des allègements de cotisations.
Fabien Gay : Ceci étant dit, ce chiffre de 211 milliards, c’est la commission sénatoriale, aidée d’experts, qui a dû le modéliser. Et ça, c’est quand même sidérant. Rendez-vous compte : exception faite des exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises (chiffrées autour de 77 milliards d’euros par an) il n’y a aucun tableau de bord, aucune donnée du Ministère de l’économie, qui tienne précisément compte des subventions et aides dont elles bénéficient : on parle ici de 2267 dispositifs d’aides, qui ne sont donc pas évalués et comptabilisés !
Olivier Rietmann : A mon sens, il ne faut tout de même pas se laisser aveugler par ce chiffre de 211 milliards. Considérez bien que ces aides ne bénéficient pas qu’à des grands groupes, mais aussi et surtout à des milliers d’entreprises, notamment à beaucoup de TPE/PME. Maintenant, pour rejoindre ce que dit Fabien, ces aides sont-elles pour autant toutes efficaces ? On ne le sait pas, car elles ne sont pas évaluées. Surtout, ce qui pose à notre sens problème, c’est les conditions qui lient les entreprises au versement de ces aides, qui sont bien trop souvent inexistantes.
« Il est légitime d’aider les entreprises, mais quid de la contrepartie qui devrait leur être demandée? » Olivier Rietmann, sénateur LR
La CFTC milite pour que les exonérations de cotisations sociales des entreprises soient « conditionnalisées » : c’est à dire, qu’elles soient attribuées seulement si elles respectent certains critères et objectifs sociaux, économiques, environnementaux, etc… En êtes-vous arrivé à la même conclusion ?
Fabien Gay : Absolument. Cependant, nous recommandons que cette « conditionalisation » soit globalisée à l’ensemble des aides publiques, pas seulement aux allégements de cotisations. Finalement, ce ne sont pas tellement les entreprises qui sont directement à mettre en cause ici, mais plutôt la gestion des pouvoirs publics. On a massivement distribué de l’argent public aux employeurs, mais sans leur imposer le respect de conditions et objectifs précis, dans la plupart des cas.
Parallèlement, permettez moi aussi de relever que l’Etat est beaucoup plus vigilant pour surveiller les chômeurs, en leur posant toujours plus de conditions pour qu’ils puissent toucher leurs allocations chômage, qui est pourtant un droit. Rappelons tout de même que les aides aux entreprises ne sont, pour leur part, pas un droit : ce sont des dispositifs budgétaires votés chaque année par le parlement.
Olivier Rietmann : Je veux quand même préciser une chose : l’obtention des aides publiques est tout de même soumise à des critères stricts, elles sont très contrôlées et normées. Mais, pour faire écho à ce que disait Fabien à l’instant, quid de la contrepartie ? A mon sens, le cœur du sujet est là : on a sur-complexifié les processus nécessaires pour demander ces aides par crainte de la fraude, au détriment de la mise en place de critères de conditionnalité et d’évaluation de ces mêmes aides.
Très concrètement, comment « conditionnaliser » ces aides alors ?
Fabien Gay : Le rapport avance une multiplicité de mesures potentielles. Ce serait trop long de toutes les passer en revue, mais l’une de nos recommandations majeures, c’est la transparence : nous proposons ainsi que soit transmis chaque année au CSE des entreprises concernées la nature des aides publiques, leur volume et leur montant. Nous préconisons aussi le remboursement total des aides publiques par les entreprises si elles procèdent – dans les deux années qui ont suivi le versement de subventions – à une délocalisation des sites et des activités concernés par des aides. Nous recommandons enfin qu’une entreprise condamnée pour fraude fiscale, travail dissimulé, discrimination systémique ou encore atteinte à l’environnement ne puisse plus concourir aux aides publiques, pendant 2 ans.
« Seules les entreprises qui en ont réellement besoin devraient être accompagnées » Olivier Rietmann, sénateur LR
Olivier Rietmann : Une autre de nos propositions phares, c’est de recourir beaucoup plus massivement à un système d’avance remboursable sur les aides publiques, plutôt qu’à des subventions nettes et sèches. Je m’explique : concrètement, au fur et à mesure qu’une entreprise ferait des bénéfices sur sa nouvelle production, elle rembourserait progressivement les aides publiques qu’elle a touchées.
Auditionné par notre commission, Patrick Pouyanné, le PDG de Total, a d’ailleurs reconnu que c’était une mécanique qui lui semblait juste et équitable. Pour ce faire, il faudrait aussi accompagner exclusivement les projets dont on sait qu’ils ont besoin de subventions pour être rentable. Or, en France, nous subventionnons actuellement une entreprise dès lors qu’elle remplit les critères éligibles à une aide. Ça doit changer : seules les entreprises qui en ont réellement besoin devraient être accompagnées.
A cet égard, le rapport propose notamment de revoir dans les grandes largeurs certains dispositifs d’aide, comme le Crédit Impôt Recherche (une réduction d’impôt dont bénéficient les entreprises, calculée sur la base de leur dépenses de recherche et développement, NDLR)
Fabien Gay : Pour rappel, ce dispositif représentait en 2024 autour de 7,6 milliards d’euros de manque à gagner pour l’Etat, soit l’équivalent du budget du ministère de l’agriculture. Son cout a même été multiplié par 16 depuis 2008…Bénéficier du CIR est de toute évidence trop simple et, là encore, pas assez « conditionnalisé » : à cet effet, nous proposons notamment de le sectoriser, de le circonscrire à certains secteurs d’activité.
Olivier Rietmann : Nous avions notamment auditionné Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, une entreprise qui bénéficie du CIR. Quand je lui ai demandé pourquoi un groupe de grande distribution touchait des subventions pour faire de la R&D, il m’avait répondu que c’était pour faire de la recherche pour perfectionner les caisses automatiques, développer de l’éclairage plus économe…Bon, rien de crucial, en somme. Donc nous proposons d’exclure du CIR certains secteurs, comme la banque, la grande distribution etc…Attention, le CIR est une aide absolument nécessaire, mais il faut rigoriser ses conditions d’attribution.
Fabien Gay : En outre, certaines entreprises qui bénéficient du CIR industrialisent parfois le produit de leurs recherches en dehors de France. Ça a par exemple été le cas d’un groupe comme STMicroelectronics: ils ont développé pendant 6 ans des micro processeurs à Tours, avant de les faire fabriquer en Chine. A cet égard, nous proposons d’administrer un malus sur le CIR aux entreprises qui ne jouent pas le jeu jusqu’au bout. A contrario, celles qui choisissent d’industrialiser en France le résultat de leurs recherches pourraient bénéficier d’un bonus.
« Ma conviction, c’est qu’il faut changer de mentalité quant aux aides publiques dont bénéficient les entreprises : on ne peut pas continuer comme ça » Fabien Gay, sénateur PCF
Ce 18 septembre, la CFTC et l’intersyndicale se sont mobilisées pour plus de justice sociale et fiscale. Après avoir longuement travaillé sur le sujet, considérez-vous que la contribution des entreprises au modèle social doit être repensée, voire augmentée ?
Fabien Gay, sénateur PCF : Absolument, notamment s’agissant des exonérations de cotisations sociales. Pour rappel, la cotisation patronale, c’est une part du salaire indirect des travailleurs et travailleuses, qui sert à financer notre modèle social. Si vous en exonérez pour partie l’employeur, vous organisez l’appauvrissement et l’affaiblissement de ce même modèle. Or, ce que les gens savent moins, c’est que cette somme qui ne va plus dans les caisses de la Sécurité Sociale est comblée avec l’argent du contribuable. Comment ? Tout simplement parce que l’Etat compense la très grande majorité de ces exonérations de cotisations (en l’occurrence 70 milliards, sur les 77 que touchent les entreprises chaque année).
On dit souvent que le taux de cotisations sociales sur les entreprises et très élevé en France. Mais ça, c’est seulement la théorie. En pratique, elles sont massivement exonérées de ces même cotisations, quitte à créer un manque à gagner considérable pour notre modèle social. Ma conviction, c’est donc qu’il faut changer de mentalité quant aux aides publiques dont bénéficient les entreprises : on ne peut pas continuer comme ça.
Olivier Rietmann, sénateur Les Républicains : Il y a des changements et ajustements importants que nous pouvons bien entendu mener, dans une logique d’équité et de rationalisation des moyens déployés par l’Etat. Maintenant, si on veut avoir des politiques publiques et sociales ambitieuses, il faut aussi avoir les moyens de les mettre en œuvre. Pour cela, il faut créer de la richesse via les entreprises, pour que celles-ci aient les moyens de verser de bons salaires et des cotisations substantielles.
Il faut donc continuer d’accompagner les employeurs, mais mieux et plus rigoureusement. J’espère qu’on pourra déposer, lors des prochaines échéances parlementaires sur le budget de l’Etat et de la sécurité sociale, des amendements transpartisans qui iront dans ce sens. Je crois sincèrement que les propositions issues de ce rapport dépassent les clivages politiques : ce ne sont plus des histoires de droite ou de gauche, mais de bon sens, tout simplement.
Alors que le chômage repart à la hausse dans une conjoncture économique déprimée.
Au moment où une commission d’enquête sénatoriale met au jour le maquis des dispositifs permettant de transférer 211 milliards d’argent public vers les entreprises sans évaluation rigoureuse de leur efficacité, sans contrôle ni condition pour certains.
En plein milieu de l’été, au moment où les françaises et les français tentent, pour ceux qui en ont encore les moyens, d’oublier un quotidien qui se dégrade, le gouvernement décide une nouvelle attaque en règle des droits des travailleurs et travailleuses.
Sans rien écouter de l’avertissement unanime des organisations syndicales face à un projet de budget qui éreinte les travailleurs (malades, chômeurs ou retraités), et sans même prendre le temps de rencontrer toutes les organisations syndicales, la ministre du travail publie une lettre de cadrage pour la réforme de l’assurance chômage et un document d’orientation pour l’ouverture d’une négociation précisant les modalités de suppression de deux jours fériés. Une première étape, le gouvernement ayant annoncé sa volonté de réformer de nouveau le droit du travail à la rentrée, ouvrant ainsi « en même temps » grand les portes du musée des horreurs de la stigmatisation des demandeurs d’emploi et de la dérégulation du marché du travail.
Les constats et propositions du gouvernement contenus dans les documents transmis affichent une volonté explicite de revenir sur 70 ans de luttes et d’acquis sociaux avec de nombreuses contrevérités. Le gouvernement prétend que la trajectoire budgétaire de l’assurance chômage s’est fortement dégradée depuis la loi de programmation des finances publiques pour 2023-2027. Or ces prévisions étaient fausses et même faussées comme le montraient celles de l’Unedic, de la Banque de France ou de la commission européenne. De plus, le gouvernement a agréé l’ANI du 14/11/2024 sans objection. 7 mois après, les prévisions économiques sont sensiblement identiques. Il n’y a donc aucune justification légale à exiger une nouvelle négociation sur l’assurance chômage. L’article L1 du Code du Travail s’inscrit dans une volonté, par la négociation, de maintenir un équilibre et une cohésion au sein de la société. Avec une négociation supprimant deux jours fériés, le projet du gouvernement vise exactement l’inverse.
Les organisations syndicales regrettent profondément cette précipitation du gouvernement et avertissent solennellement que nous sommes à un tournant social et démocratique.
Fortes des plus de 300 000 signatures sur la pétition stopbudgetbayrou.fr, elles se réuniront le 1er septembre pour examiner ensemble les moyens de réagir pour contrer ce nouvel accès de brutalité envers la société et le monde du travail.
La CFTC exprime sa vive inquiétude suite aux annonces du Premier ministre concernant le budget 2026. Elle dénonce un déséquilibre flagrant dans la répartition des efforts demandés. Ces efforts pèsent lourdement et immédiatement sur les salariés, les fonctionnaires, les assurés sociaux et les retraités, tandis que les mesures concernant les entreprises et l’État restent vagues et hypothétiques. Par exemple, faute de mesures claires pour moderniser l’État, c’est la fonction publique qui subit le seul ajustement, avec une réduction de ses effectifs.
La CFTC s’oppose fermement à la suppression des jours fériés, une mesure aussi injuste qu’inopérante. De nombreuses études sur l’expérience du lundi de Pentecôte ont montré un impact statistiquement insignifiant sur la croissance du PIB. Le problème n’est pas que les Français ne travaillent pas assez, mais qu’ils ne sont pas assez nombreux à travailler. La CFTC préconise plutôt de s’attaquer au chômage et au sous-emploi en luttant contre le temps partiel subi et en favorisant l’emploi des jeunes et des seniors. Ces mesures généreraient des recettes durables pour le modèle social.
Concernant la perspective d’une « année blanche », la CFTC craint que ses effets ne pèsent quasi exclusivement sur les ménages les plus modestes. Alors que le pouvoir d’achat de nos concitoyens est en berne, elle s’y oppose !
Enfin, le Premier ministre a évoqué du bout des lèvres le récent rapport d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises. Ce rapport fait état de 211 milliards d’euros versés en 2023, répartis sur plus de 2000 dispositifs. Il met également en lumière le manque d’évaluation et, par conséquent, de correction de ces aides, qui s’accompagnent souvent d’un manque à gagner pour les recettes de la Sécurité sociale.
La CFTC est très peu convaincue par la mise en balance de ces aides avec la simplification des procédures administratives, seule mesure très incertaine formulée à l’égard des entreprises. Elle appelle à la mise en place d’urgence d’un dispositif digne de ce nom de suivi, d’évaluation et de contreparties pour ces aides. La CFTC est catégorique : les salariés, les fonctionnaires, les assurés sociaux et les retraités ne doivent plus être mis à contribution tant que l’efficience de ces aides n’a pas été prouvée pour le plus grand nombre.
Invité pour revenir sur les annonces du chef du Gouvernement sur BFM Business et LCI, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a critiqué les orientations budgétaires présentées par le Premier ministre : « La CFTC est évidemment consciente qu’il faut réduire la dépense. Mais encore faut-il que les efforts qui soient demandés soient partagés et équitables. Ici, beaucoup d’efforts sont imposés aux salariés et aux retraités, mais les entreprises ne sont en aucun cas mises à contribution. »
Retrouvez ci-dessous l’intégralité des interventions de Cyril Chabanier:
Egalement invité par BFM TV ce mercredi 16 juillet, le président de la CFTC s’est aussi prononcé contre l’éventuelle suppression de 2 jours fériés, suggérée par François Bayrou: