Politique

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Aides publiques aux entreprises : ce qu’il faut changer, pour mieux dépenser

ministère de l'économie et des finances

Dans le cadre d’une mission du haut-commissariat au plan portant sur l’évaluation des aides publiques aux entreprises, la CFTC présentera ce 15 avril la vision que notre organisation porte sur les subventions et dispositifs de soutien financier que l’Etat accorde aux employeurs, estimés à 211 milliards d’euros par an. Pour notre organisation, il faut rendre davantage lisible et équitable ces aides aux entreprises, ainsi que rigoureusement les conditionner et les évaluer.

Evaluées à 211 milliards d’euros par an par une commission d’enquête sénatoriale en 2025, les aides publiques dont bénéficient les entreprises françaises font aujourd’hui l’objet d’un examen approfondi. Au-delà même du montant estimé ici, c’est l’efficacité et la contrôle de leur bonne utilisation qui interroge, alors que la nécessité de mieux maitriser et optimiser la dépense publique se renforce. Ces aides distribuées aux employeurs peuvent prendre diverses formes : crédits d’impôts, exonération de cotisations, taux de TVA réduits dans certains secteurs, aides à l’embauche etc…Si beaucoup d’entre elles sont légitimes, la CFTC estime qu’un examen plus approfondi de leur usage et de leur répartition est nécessaire, en vue de s’assurer qu’elles profitent bien à la dynamique de l’emploi et de l’investissement en France. A cet égard, plusieurs premières observations s’imposent :

Plus de 80 % de ces aides sont constituées de niches fiscales et sociales, dont la lisibilité pour les bénéficiaires eux-mêmes est limitée

• Les grandes entreprises captent 42 % du total, les ETI 35 %, et les PME 23 %, alors que ces dernières concentrent la majorité des emplois. Par ailleurs, aucun tableau de bord consolidé ne permet de savoir combien une entreprise donnée perçoit au total, tous guichets confondus

• Le montant estimé de ces aides ne fait pas consensus : l’Ires le évalue par exemple à 157 milliards d’euros par an. Le cas échéant, leur montant aurait plus que triplé entre 1999 et 2019, sans que cette croissance soit corrélée à une progression équivalente de l’investissement productif ou de l’emploi.

Fort de ces constats, la CFTC milite donc pour la mise en œuvre d’une dépense publique plus rationnelle et optimisée, dans la répartition et le contrôle de ces aides aux employeurs. Pour ce faire, notre organisation identifie plusieurs pistes d’améliorations majeures.

Revoir certains crédits d’impôts et taux de TVA réduits

D’abord, il serait souhaitable d’ajuster certains dispositifs ciblés, comme le Crédit d’impôt recherche. Cette réduction d’impôt dont bénéficient les entreprises est calculée sur la base de leurs dépenses de recherche et développement. Le taux de ce crédit d’impôt est de 30 % pour la partie des dépenses de recherche qui sont inférieures ou égales à 100 000 000 €. Or, le Conseil d’analyse économique a établi que le rendement du CIR est plus faible pour les grandes entreprises, en raison d’effets d’aubaine : leurs investissements en R et D auraient en effet été réalisés même sans la subvention. La CFTC recommande donc de davantage cibler et consacrer le CIR aux entreprises de taille plus modeste : dans cette optique, elle recommande d’abaisser le plafond de dépenses éligibles aux 30% de crédit d’impôt du CIR de 100 à 20 millions d’euros. Mais aussi d’augmenter ce taux de subventions de 30 à 35 %, pour renforcer son attractivité pour les PME.

Par ailleurs, la CFTC considère que certains taux réduits de TVA dont bénéficient les entreprises méritent d’être remis en question. Par exemple, dans la restauration commerciale et l’hôtellerie : l’Inspection générale des finances a notamment documenté que la baisse de TVA à 10 % dans le secteur n’a produit qu’une réduction des prix de l’ordre de 2 % et une hausse des salaires de 4 %. En parallèle, les bénéfices des entreprises du secteur augmentaient eux de plus de 20 %.

Connaitre le montant des aides perçues par les entreprises, tous dispositifs confondus

Outre le réajustement ou la suppression de certains dispositifs, la CFTC propose de revoir en profondeur l’architecture et l’articulation des aides aux employeurs, afin de connaitre réellement combien une entreprise donnée perçoit au total, tous guichets confondus. A cet égard, elle recommande la création d’un registre national unique et public, alimenté en temps réel par tous les acteurs publics distributeurs d’aides : l’État, mais aussi les régions, départements, communes, les opérateurs nationaux et l’Union Européenne. Si le règlement de l’Union européenne introduit bien une obligation – à partir du 1er janvier 2026 – d’enregistrement des aides aux entreprises, celle-ci ne prend en compte que les aides d’Etat, tout en excluant certains dispositifs pourtant très gourmands budgétairement, comme le Crédit d’impôt Recherche. Si un Registre national unique des aides aux entreprises françaises voyait prochainement le jour, la CFTC prônerait donc qu’y soit comptabilisées non seulement les aides attribuées par les régions, les départements ou encore les communes, mais aussi toutes les typologies de subventions, sans exception (CIR inclus donc).

Il conviendrait par ailleurs de plafonner ces aides, en fonction de la taille des entreprises qui les sollicitent. La CFTC recommande qu’elles ne dépassent pas un plafond à définir sur 3 ans pour les entreprises de moins de 250 salariés (avec une possibilité de dérogation, pour certains projets qui sont jugés comme stratégiques.) Ces aides pourraient ensuite être limitées à un montant exprimé en pourcentage du chiffre d’affaires, pour les entreprises de plus de 250 salariés. Au-delà d’un seuil d’aides cumulées qui serait à définir, les entreprises de plus de 5000 salariés verraient en outre toute aide supplémentaire prendre obligatoirement la forme d’une avance remboursable.

Davantage « conditionnaliser » et contrôler les aides

Enfin, notre organisation milite pour que les secteurs bénéficiant des aides les plus importantes soient accompagnés sous condition du strict respect d’un certain nombre d’engagements. Notamment en faisant la démonstration d’une trajectoire de montée en gamme significative de leur activité: par exemple, via une progression des salaires, des qualifications et de la formation ou encore de l’investissement dans la R et D. Ces indicateurs seraient spécifiés dans des « contrats de performance stratégique » conclus entre l’État, la région et l’entreprise bénéficiaire, une absence de résultats dans ces domaines entrainant une perte de subventions futures.

Enfin, la CFTC milite pour renforcer les mécanismes de contrôle de toutes les typologies d’aides qui sont octroyées aux employeurs. Il n’est notamment plus acceptable que des groupes ayant perçu des centaines de millions d’euros d’aides publiques, comme Michelin et Auchan en novembre 2024, puissent annoncer des plans de licenciements massifs, tout en maintenant des distributions de dividendes en augmentation. Pour y remédier, certaines aides pourraient notamment être supervisées par un comité de suivi sectoriel incluant les partenaires sociaux. Cet organisme devrait vérifier que les activités financées correspondent effectivement aux objectifs déclarés et que l’entreprise ne délocalise pas les productions protégées par des aides nationales. Les entreprises contrevenantes se verraient notamment imposer un remboursement partiel des aides qui leur ont été versées en cas de délocalisation ou d’abandon de leur activité.

AC 

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c chabanier bfm 9 avril 2026

Hausse du prix des carburants : « Ce n’est pas tenable et on ne nous donne rien » dénonce Cyril Chabanier sur BFM TV

Reçu par le ministre de l’Économie Roland Lescure le mardi 7 avril pour évoquer les conséquences de la hausse du prix des carburants, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a regretté l’absence de mesures ambitieuses de la part du gouvernement pour accompagner les salariés dans ces temps difficiles :

« Sur l’ensemble des mesures qu’on avait proposées, le gouvernement n’en a retenu aucune… On ne peut pas dire non à la prime carburant, non à la baisse des taxes, non à la baisse des prix, bref, non à tout… Ce n’est pas tenable pour de trop nombreux salariés. »

Retrouvez sur le site de BFM TV l’interview de Cyril Chabanier en intégralité:

Hausse des carburants: « On ressort sans rien », déclare Cyril Chabanier après l’échange avec Roland Lescure

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cyril chabanier france tv 2 oct 25

Nous appelons à la grève ce 2 octobre, car on veut influer sur le budget qui est en construction »

Invité sur le plateau de Télématin ce jeudi, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, est revenu sur les raisons qui poussent notre organisation à se mobiliser à nouveau au sein de l’intersyndicale, ce 2 octobre:

« Nous appelons à la grève, car on peut influer sur le budget qui est encore en construction… A cet égard, on veut des réponses claires sur l’année blanche – à laquelle la CFTC est fermement opposée – sur une plus grande taxation des dividendes ou encore sur la question du doublement des franchises médicales. »

Retrouvez ci-dessous l’interview de Cyril Chabanier, à Télématin:

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cyril et le 1er ministre 22 sept 25

« Sur le budget, nous attendons des signes de rupture forts » prévient Cyril Chabanier sur France Info et BFM TV

Faisant suite au succès des manifestations du 18 septembre, les syndicats, dont la CFTC, seront reçus ce mercredi 24 septembre par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Reçu à ce sujet sur les plateaux de France Info TV et BFM TV, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a détaillé les revendications que notre organisation défendra auprès du Chef du gouvernement: « Sur le budget, nous attendons des signes de rupture forts…Le Premier ministre pourrait par exemple nous dire qu’il ne souhaite plus faire de nouvelle grande réforme de l’assurance chômage, à laquelle la CFTC est opposée. Ou encore, proposer une meilleure conditionnalité des aides publiques aux entreprises, émettre une proposition significative sur la taxation des plus riches, voire sur l’amélioration du pouvoir d’achat…Quoi qu’il arrive, à la CFTC, nous sommes convaincus qu’il est possible de trouver un compromis sur le budget. »

Retrouvez ci-dessous en intégralité les interventions de Cyril Chabanier, sur France Info TV et BFM TV:

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bercy

Aides publiques aux entreprises : « On parle de 211 milliards d’euros par an, qui ne sont ni évalués, ni conditionnalisés »

En juillet 2025, une commission d’enquête sénatoriale avait publié un rapport sur le montant et l’efficacité des aides publiques aux entreprises. Son bilan, qui s’appuie sur six mois d’enquêtes et d’auditions, est sans appel : les aides aux employeurs, évaluées à 211 milliards d’euros par an, ne sont ni lisibles, ni suffisamment conditionnées et évaluées. Alors que le gouvernement veut réaliser 44 milliards d’euros d’économies sur le budget 2026 et que la CFTC appelle à une plus juste répartition de l’effort budgétaire, les sénateurs Fabien Gay (PCF) et Olivier Rietmann (Les Républicains) – rapporteur et président de cette commission d’enquête – reviennent sur les recommandations formulées dans ce rapport parlementaire.

Messieurs, en préambule, pouvez-vous nous expliquer comment cette commission d’enquête sur l’attribution des aides publiques aux entreprises a pris forme ?

Fabien Gay  (sénateur PCF) : Courant novembre 2025, Michelin et Auchan, de grandes entreprises qui bénéficient de pléthores d’aides publiques, ont procédé à de nombreux licenciements. Le groupe communiste au Sénat a donc voulu lier la question de ces licenciements à celle des subventions. La problématique qu’on voulait adresser est la suivante : est-il normal de voir des grandes entreprises, qui versent des dividendes, licencier et toucher malgré tout des aides publiques ?C’est le point de départ de cette commission d’enquête.

Olivier Rietmann (sénateur Les Républicains) : Fabien a rapidement endossé le rôle de rapporteur de cette commission. En tant que président de la délégation aux entreprises du Sénat et étant moi-même ancien chef d’entreprise, je suis très sensibilisé à ces questions. J’ai donc postulé à la présidence de cette commission. Je pense que ça nous a permis de dégager d’emblée un équilibre. Parlons clair : Fabien est sur une position communiste, de gauche très appuyée. Moi, je suis un libéral, certes, mais un libéral humaniste, qui prône un capitalisme cadré, régulé, qui ne laisse personne sur le bord de la route. On voulait donc tous les deux que ce rapport aboutisse sur des propositions fermes, claires. Je crois d’ailleurs que nous avons clairement réussi à faire un pas l’un vers l’autre, dans nos recommandations. Ça nous a permis de formuler un corpus de propositions communes.

Avant d’évoquer ces propositions, évoquons ce chiffre de 211 milliards d’euros d’aide publiques, qui sont accordées annuellement aux entreprises. Qu’est-ce que vous évoque ce montant ?

Olivier Rietmann : D’abord, je pense que nous devons définir ce que nous avons catégorisé ici comme aide publique. Très schématiquement, ces 211 milliards représentent ce qui est versé aux entreprises pour les aider à être plus compétitives, ainsi que tous les avantages fiscaux et sociaux qui peuvent leur être alloués, via des exonérations ou des allègements de cotisations.

Fabien Gay : Ceci étant dit, ce chiffre de 211 milliards, c’est la commission sénatoriale, aidée d’experts, qui a dû le modéliser. Et ça, c’est quand même sidérant. Rendez-vous compte : exception faite des exonérations de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises (chiffrées autour de 77 milliards d’euros par an) il n’y a aucun tableau de bord, aucune donnée du Ministère de l’économie, qui tienne précisément compte des subventions et aides dont elles bénéficient : on parle ici de 2267 dispositifs d’aides, qui ne sont donc pas évalués et comptabilisés !

Olivier Rietmann : A mon sens, il ne faut tout de même pas se laisser aveugler par ce chiffre de 211 milliards. Considérez bien que ces aides ne bénéficient pas qu’à des grands groupes, mais aussi et surtout à des milliers d’entreprises, notamment à beaucoup de TPE/PME. Maintenant, pour rejoindre ce que dit Fabien, ces aides sont-elles pour autant toutes efficaces ? On ne le sait pas, car elles ne sont pas évaluées. Surtout, ce qui pose à notre sens problème, c’est les conditions qui lient les entreprises au versement de ces aides, qui sont bien trop souvent inexistantes.

La CFTC milite pour que les exonérations de cotisations sociales des entreprises soient « conditionnalisées » : c’est à dire, qu’elles soient attribuées seulement si elles respectent certains critères et objectifs sociaux, économiques, environnementaux, etc… En êtes-vous arrivé à la même conclusion ?

Fabien Gay : Absolument. Cependant, nous recommandons que cette « conditionalisation » soit globalisée à l’ensemble des aides publiques, pas seulement aux allégements de cotisations. Finalement, ce ne sont pas tellement les entreprises qui sont directement à mettre en cause ici, mais plutôt la gestion des pouvoirs publics. On a massivement distribué de l’argent public aux employeurs, mais sans leur imposer le respect de conditions et objectifs précis, dans la plupart des cas.

Parallèlement, permettez moi aussi de relever que l’Etat est beaucoup plus vigilant pour surveiller les chômeurs, en leur posant toujours plus de conditions pour qu’ils puissent toucher leurs allocations chômage, qui est pourtant un droit. Rappelons tout de même que les aides aux entreprises ne sont, pour leur part, pas un droit : ce sont des dispositifs budgétaires votés chaque année par le parlement.

Olivier Rietmann : Je veux quand même préciser une chose :  l’obtention des aides publiques est tout de même soumise à des critères stricts, elles sont très contrôlées et normées. Mais, pour faire écho à ce que disait Fabien à l’instant, quid de la contrepartie ? A mon sens, le cœur du sujet est là : on a sur-complexifié les processus nécessaires pour demander ces aides par crainte de la fraude, au détriment de la mise en place de critères de conditionnalité et d’évaluation de ces mêmes aides.

Très concrètement, comment « conditionnaliser » ces aides alors ?

Fabien Gay : Le rapport avance une multiplicité de mesures potentielles. Ce serait trop long de toutes les passer en revue, mais l’une de nos recommandations majeures, c’est la transparence : nous proposons ainsi que soit transmis chaque année au CSE des entreprises concernées la nature des aides publiques, leur volume et leur montant. Nous préconisons aussi le remboursement total des aides publiques par les entreprises si elles procèdent – dans les deux années qui ont suivi le versement de subventions – à une délocalisation des sites et des activités concernés par des aides. Nous recommandons enfin qu’une entreprise condamnée pour fraude fiscale, travail dissimulé, discrimination systémique ou encore atteinte à l’environnement ne puisse plus concourir aux aides publiques, pendant 2 ans.

Olivier Rietmann : Une autre de nos propositions phares, c’est de recourir beaucoup plus massivement à un système d’avance remboursable sur les aides publiques, plutôt qu’à des subventions nettes et sèches. Je m’explique : concrètement, au fur et à mesure qu’une entreprise ferait des bénéfices sur sa nouvelle production, elle rembourserait progressivement les aides publiques qu’elle a touchées.

Auditionné par notre commission, Patrick Pouyanné, le PDG de Total, a d’ailleurs reconnu que c’était une mécanique qui lui semblait juste et équitable. Pour ce faire, il faudrait aussi accompagner exclusivement les projets dont on sait qu’ils ont besoin de subventions pour être rentable. Or, en France, nous subventionnons actuellement une entreprise dès lors qu’elle remplit les critères éligibles à une aide. Ça doit changer : seules les entreprises qui en ont réellement besoin devraient être accompagnées.

A cet égard, le rapport propose notamment de revoir dans les grandes largeurs certains dispositifs d’aide, comme le Crédit Impôt Recherche (une réduction d’impôt dont bénéficient les entreprises, calculée sur la base de leur dépenses de recherche et développement,  NDLR)

Fabien Gay :  Pour rappel, ce dispositif représentait en 2024 autour de 7,6 milliards d’euros de manque à gagner pour l’Etat, soit l’équivalent du budget du ministère de l’agriculture. Son cout a même été multiplié par 16 depuis 2008…Bénéficier du CIR est de toute évidence trop simple et, là encore, pas assez « conditionnalisé » : à cet effet, nous proposons notamment de le sectoriser, de le circonscrire à certains secteurs d’activité.

Olivier Rietmann : Nous avions notamment auditionné Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, une entreprise qui bénéficie du CIR. Quand je lui ai demandé pourquoi un groupe de grande distribution touchait des subventions pour faire de la R&D, il m’avait répondu que c’était pour faire de la recherche pour perfectionner les caisses automatiques, développer de l’éclairage plus économe…Bon, rien de crucial, en somme. Donc nous proposons d’exclure du CIR certains secteurs, comme la banque, la grande distribution etc…Attention, le CIR est une aide absolument nécessaire, mais il faut rigoriser ses conditions d’attribution. 

Fabien Gay : En outre, certaines entreprises qui bénéficient du CIR industrialisent parfois le produit de leurs recherches en dehors de France. Ça a par exemple été le cas d’un groupe comme STMicroelectronics: ils ont développé pendant 6 ans des micro processeurs à Tours, avant de les faire fabriquer en Chine. A cet égard, nous proposons d’administrer un malus sur le CIR aux entreprises qui ne jouent pas le jeu jusqu’au bout. A contrario, celles qui choisissent d’industrialiser en France le résultat de leurs recherches pourraient bénéficier d’un bonus.

Ce 18 septembre, la CFTC et l’intersyndicale se sont mobilisées pour plus de justice sociale et fiscale. Après avoir longuement travaillé sur le sujet, considérez-vous que la contribution des entreprises au modèle social doit être repensée, voire augmentée ?

Fabien Gay, sénateur PCF : Absolument, notamment s’agissant des exonérations de cotisations sociales. Pour rappel, la cotisation patronale, c’est une part du salaire indirect des travailleurs et travailleuses, qui sert à financer notre modèle social. Si vous en exonérez pour partie l’employeur, vous organisez l’appauvrissement et l’affaiblissement de ce même modèle. Or, ce que les gens savent moins, c’est que cette somme qui ne va plus dans les caisses de la Sécurité Sociale est comblée avec l’argent du contribuable. Comment ? Tout simplement parce que l’Etat compense la très grande majorité de ces exonérations de cotisations (en l’occurrence 70 milliards, sur les 77 que touchent les entreprises chaque année).

On dit souvent que le taux de cotisations sociales sur les entreprises et très élevé en France. Mais ça, c’est seulement la théorie. En pratique, elles sont massivement exonérées de ces même cotisations, quitte à créer un manque à gagner considérable pour notre modèle social. Ma conviction, c’est donc qu’il faut changer de mentalité quant aux aides publiques dont bénéficient les entreprises : on ne peut pas continuer comme ça.

Olivier Rietmann, sénateur Les Républicains : Il y a des changements et ajustements importants que nous pouvons bien entendu mener, dans une logique d’équité et de rationalisation des moyens déployés par l’Etat. Maintenant, si on veut avoir des politiques publiques et sociales ambitieuses, il faut aussi avoir les moyens de les mettre en œuvre. Pour cela, il faut créer de la richesse via les entreprises, pour que celles-ci aient les moyens de verser de bons salaires et des cotisations substantielles.

Il faut donc continuer d’accompagner les employeurs, mais mieux et plus rigoureusement. J’espère qu’on pourra déposer, lors des prochaines échéances parlementaires sur le budget de l’Etat et de la sécurité sociale, des amendements transpartisans qui iront dans ce sens. Je crois sincèrement que les propositions issues de ce rapport dépassent les clivages politiques : ce ne sont plus des histoires de droite ou de gauche, mais de bon sens, tout simplement.

Tous propos recueillis par AC

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Cyril Chabanier, sur RTL : « Ce 18 septembre, nous voulons 1 million de personnes avec nous »

Cyril chabanier CFTC

Reçu par le nouveau Premier Ministre Sébastien Lecornu ce lundi 15 septembre, le président de la CFTC Cyril Chabanier a évoqué ce même jour sur RTL la manifestation intersyndicale du 18 septembre, à laquelle se joindra la CFTC.

Alors que le gouvernement ambitionne un budget 2026 austéritaire, susceptible de fragiliser les catégories les plus précaires de la population, notre organisation appelle les citoyens à se mobiliser, pour plus de justice sociale et fiscale.

Retrouvez ci-dessous l’interview de Cyril Chabanier, en intégralité:

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Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit !

Fermement opposées à la violence des mesures budgétaires envisagées par le Gouvernement, la CFTC et l’intersyndicale appellent à une journée de mobilisation sur l’ensemble du territoire le 18 septembre 2025, y compris par la grève et la manifestation.

Communiqué de presse  

29 août 2025 

Les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit ! 

Les travailleurs et travailleuses que nos organisations représentent sont en colère. La  multiplication des mobilisations sous diverses formes le confirme. Personne ne peut  méconnaitre le mécontentement et la fatigue de la population.  

Représentant.e.s de la CFDT, CGT, CGT-FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU, SOLIDAIRES,  nous nous sommes réunis à Paris ce vendredi 29 août 2025. 

Les pistes de budget présentées le 15 juillet par le premier Ministre ont été immédiatement et unanimement condamnées par nos organisations. 

En effet, les différentes mesures budgétaires avancées sont d’une brutalité sans précédent.  Le Gouvernement a choisi encore une fois de faire payer les travailleuses et les travailleurs,  les précaires, les retraité·es, les malades : la suppression de deux jours fériés, des coupes  dans les services publics, la remise en cause du droit du travail, une énième réforme de  l’assurance chômage, le gel des prestations sociales et celui des salaires des fonctionnaires  comme des contractuel·les, la désindexation des pensions de retraites, le doublement des  franchises médicales, la remise en cause de la 5ème semaine de congés payés… Autant de  mesures aussi brutales que profondément injustes. Ce qui creuse la dette, ce sont aussi les  baisses d’impôts pour les riches et les 211 Mds d’aides publiques captées par les plus grandes  entreprises ! 

Ensemble, nous alertons solennellement sur ce contexte et la situation de notre pays. Depuis  le passage en force du Président de la République sur la réforme des retraites notre pays  s’enfonce dans une profonde crise sociale et démocratique.  

Les inégalités et le nombre de personnes basculant en dessous du seuil de pauvreté  explosent, les conséquences du changement climatique se multiplient et ont des impacts  directs sur les travailleurs et travailleuses, les fermetures d’entreprises et suppressions  d’emplois se multiplient, les services publics sont en crise, les salaires ne permettent pas de  vivre dignement de son travail, les travailleurs et travailleuses essentielles attendent toujours  reconnaissance et dignité au travail…. 

Plus que jamais, le partage de la valeur et des richesses, la revalorisation des salaires et  l’égalité entre les femmes et les hommes sont indispensables.  

Plutôt que de modifier son projet de budget afin de répondre à la situation inédite du déficit, le  premier Ministre a décidé d’une stratégie de diversion en se soumettant à un vote de confiance  le 8 septembre. Pour nos organisations, la construction d’un tout autre budget porteur d’espoir,  de justice sociale et de justice fiscale est impérative. 

Nos organisations syndicales refusent que ce soient encore les travailleuses et travailleurs,  les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraité·es qui payent la facture, à la fois  financièrement, mais aussi par une flexibilité accrue. 

Depuis le mois de juillet, elles se mobilisent dans l’ensemble des entreprises et  administrations, dans les territoires et professions en allant à la rencontre des travailleurs et  travailleuses afin qu’elles et ils signent la pétition intersyndicale stopbudgetbayrou.fr 

Aujourd’hui, nos organisations appellent à une journée de mobilisation sur l’ensemble du  territoire, le 18 septembre 2025, y compris par la grève et la manifestation.

Le musée des horreurs du projet de budget doit être abandonné. Les exigences sociales  doivent être enfin prises en compte !  

Nous voulons : 

∙ des moyens budgétaires à la hauteur des missions des services et des politiques  publiques ; 

∙ des mesures pour lutter contre la précarité et renforcer la solidarité ; 

∙ des investissements dans une transition écologique juste et la réindustrialisation de la  France et des mesures contre les licenciements ; 

∙ la justice fiscale, avec la mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et  les très hauts revenus, contraignent le versement des dividendes et conditionnent  fortement les aides aux entreprises ; 

∙ une protection sociale de haut niveau et l’abandon de la retraite à 64 ans.  

Nous appelons les travailleuses et les travailleurs à se mobiliser massivement pour changer  la donne et gagner des avancées ! Nos organisations restent en contact, conviennent de se  revoir après cette journée de mobilisation et de grève et se réservent la possibilité de prendre toute initiative nécessaire.

Télécharger ce communiqué de presse au format PDF

stopbudgetbayrou.fr 

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Cyril Chabanier bfm

Instabilité politique, incertitudes économiques : dans les médias, la CFTC appelle à retrouver la voix du compromis

Instabilité politique, multiplication des plans sociaux, les outre-mer en crise : l’année 2024 s’achève sur des indicateurs sociaux et économiques inquiétants. Ces dernières semaines, les médias nous ont sollicités pour faire entendre la voix de la CFTC sur ces sujets.

Tour d’horizon récapitulatif : 

En cette fin d’année, l’actualité était suspendue à la constitution du nouveau gouvernement. Emmanuel Macron a finalement opté pour la nomination de François Bayrou au poste de Premier ministre. Ce dernier connait bien la CFTC, comme il le rappelait lors du Congrés de la Confédération à Rennes il y a un an, et, plus récemment, pour les 60 ans du SNEC à Pau.

Sur France Info et BFM Business, le président de la CFTC, Cyril Chabanier, est ainsi revenu en longueur sur cette nomination…Lire la suite

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Néanmoins – au delà de la composition du gouvernement – la CFTC sera avant tout attentive au cap économique pour lequel optera la majorité, ainsi qu’à la méthode que choisiront les oppositions. Début décembre, elle exhortait ainsi déjà les uns et les autres à plus de responsabilité.

Mi-décembre, elle avait également co-signé un communiqué avec les organisations patronales, qui exhortait les politiques à changer de méthode et à s’inspirer des partenaires sociaux.

Ce communiqué a été largement repris dans la presse, Cyril Chabanier ayant pu en expliquer les motivations sur plusieurs médias. Notamment sur SUD Radio,  au micro de Jean-Jacques Bourdin:

Le @SyndicatCFTC réclame de la « stabilité » et de la « sérénité » aux politiques : « Les défaillances d’entreprises enregistrent un nombre record, tout est gelé (…) et les politiques ne sont pas à la hauteur » regrette @ChabanierCFTC #GrandMatinLire la suite

cyril chabanier BFM

Le sujet a été également commenté sur France Info. Syndicats (hors CGT) et patronat signent un appel commun au retour à la « stabilité ».  « Le fait de ne pas avoir de budget, d’avoir des censures, des gouvernements qui changent trop rapidement, crée de l’inquiétude », assure Cyril Chabanier, président de la CFTC…Lire la suite

L’esprit constructif, la capacité à dépasser les clivages défendu par ce texte, c’est la marque de fabrique de la CFTC, qui se réjouit donc de voir d’autres partenaires embrasser cette méthode.

PM

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cyril chabanier point presse

Communiqué de presse : NON à l’instabilité chronique, OUI au compromis !

Fidèle à son indépendance politique et respectueuse des prérogatives de chacun, la CFTC prend acte de l’adoption de la motion de censure déposée suite au déclenchement de l’article 49.3 de la Constitution par Michel Barnier. Si rien n’est contraire, dans ce processus comme dans son résultat, aux institutions de notre pays, la CFTC alerte l’ensemble des parlementaires sur ce qui pourrait très vite devenir contraire à l’intérêt supérieur de la nation : l’instabilité chronique du pouvoir politique !

Les entreprises, les services publics, le tissu associatif et, en leur sein, tous les travailleurs qui créent, en France, la richesse redoutent cette instabilité. Ils l’anticipent même ! Les entreprises et leurs partenaires financiers retardent les investissements nécessaires à leur pérennité qui est aussi celle de l’emploi. Les directions des ressources humaines suspendent leurs projets d’embauche. Les ménages, par précaution, freinent leurs consommations et privilégient l’épargne quand ils en ont les moyens.

Ces comportements, s’ils peuvent être légitimes pris isolément, génèrent des conséquences économiques et sociales néfastes pour la croissance et pour l’emploi. Ils aggravent les tendances déjà à l’œuvre : Défaillances d’entreprises, vagues de licenciements économiques, transitions écologiques et numériques tardives… le tout dans un contexte international qui se crispe et où nos partenaires commerciaux, qui sont aussi nos concurrents, ne nous attendent pas !

Dans un tel contexte, la CFTC demande aux parlementaires de retrouver urgemment le chemin des compromis ! Nos concitoyens ne se contenteront pas d’un budget dédié à la seule gestion des « affaires courantes ». Ils attendent de leurs représentants qu’ils débattent, votent et mettent en œuvre les politiques publiques à même de relever les enjeux de l’époque tout en améliorant leur quotidien.

La CFTC rappelle que la culture du compromis n’est pas réservée à nos voisins européens. Les partenaires sociaux français, au niveau national, dans les branches, dans les entreprises comme dans les administrations en apportent la preuve tous les jours !

Le risque d’instabilité politique et les blocages fonctionnels qu’il occasionne ne sauraient retarder, dans l’immédiat ou à plus long terme, la transposition dans la loi des compromis et accords auxquels parviennent les partenaires sociaux. En conséquence et afin de favoriser l’emploi des seniors et l’évolution du dialogue social, la CFTC demande la transposition dans la loi des accords nationaux interprofessionnels signés en novembre.

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